CHEMIN DE SAINTETÉ

adveniat regnum tuum

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La PASSION de JÉSUS
selon
Maria Valtorta
(1897-1961)

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Le portement de croix

 

Jean va prendre la Mère - Chapitre 27

Il est 10h30, ce Vendredi... Jean arrive au Cénacle “et tombe à genoux contre le siège sur lequel était Jésus et il pleure en l’appelant douloureusement... Puis il dit: “Oh! Dieu Très-Haut, aide-moi! Aide-moi à le dire à la Mère! Je n’en ai pas le courage!... Et pourtant je dois le dire. C’st moi qui dois le dire puisque je suis resté seul!” ...

— Jean, tu es venu? Marie est apparue à la porte de sa pièce, s’appuyant à l’huisserie comme si elle n’avait pas la force de rester debout toute seule.” Jean la regarde et pleure. (page 261)

— Viens ici, Jean, ne pleure pas. Toi, tu ne dois pas pleurer. Tu l’as toujours aimé et rendu heureux. Que cela te réconforte.” Jean pleure de plus en plus fort. Alors Marie le prend par le poignet et l’entraîne à l’intérieur de sa pièce comme si c’était un enfant. “Il sanglote: Pardon! Pardon! Mère, pardon!”

— Que devrais-je te pardonner, à toi, pauvre enfant? Paix Jean. Lui te pardonne, t’a déjà pardonné...

— Mais je n’ai pas su Le comprendre, pas même hier soir... et j’ai dormi alors que Lui demandait le réconfort de notre veille. Je L’ai laissé seul, mon Jésus! Et puis je me suis enfui quand ce maudit est venu avec ses brigands...

— Jean, ne maudis pas. Ne hais pas, Jean. Laisse au Père le jugement à faire. Écoute: où est-Il maintenant?

Jean pleure plus fort, et à la demande instante de Marie, il essaie quelques vagues explications. Marie l’interrompt:

— Ne mens pas Jean...Je sais. Depuis hier soir je L’ai suivi dans sa douleur. Tu ne le vois pas, mais mes chairs sont meurtries par sa flagellation, mais sur mon front se trouvent les épines, j’ai senti les coups... tout. Mais maintenant je ne vois plus. Maintenant j’ignore où est mon Fils condamné à la croix!... A la croix!... à la croix!... Allons Jean, où est Jésus?

— Il est parti de la maison de Pilate...vers le Golgotha.”  (page 262)

Marie demande à Jean d’avertir les autres femmes. Marie se serre dans son manteau qu’elle fait retomber sur ses yeux par-dessus le voile. Marie sort en  s’appuyant sur Jean qui la conduit et la soutient comme si elle était aveugle. Les autres femmes suivent.

Du Prétoire au Calvaire (Chapitre 28 )

“Avant que Jésus soit conduit dehors, sur le chemin, pour recevoir la croix et se mettre en marche, Longin L’a regardé deux ou trois fois avec une curiosité déjà nuancée de compassion... On apporte les croix: celles des deux larrons sont plus courtes. Celle de Jésus est beaucoup plus longue. Je dis que la pièce verticale n’a pas moins de quatre mètres. Je la vois apportée déjà formée.”  

Remarque:

Ici il y a quelques différences avec le récit d’A.C.Émmerick qui voit qu’on jette aux pieds de Jésus les morceaux de la croix qui n’est assemblée qu’au sommet du Golgotha. Marie Valtorta signale d’ailleurs cette différence entre ce qu’elle a lu -elle ne précise pas quoi- et ce qu’elle voit. Il en est de même pour la couronne d’épines.

“Maintenant ils sont prêts, et Longin donne l’ordre de marche... Jésus est dans des conditions de grande faiblesse...(page 266)  Jésus avance haletant. Chaque trou de la route est un piège pour son pied qui vacille et une torture pour ses épaules écorchées, pour sa tête couronnée d’épines sur laquelle descend à pic un soleil exagérément chaud qui de temps à autre se cache derrière un rideau de nuages de plomb... Jésus bute contre les pierres et contre les trous et chaque fois qu’Il bute, c’est une douleur car Il remue brusquement la croix qui heurte la couronne, qui se déplace sur l’épaule écorchée, qui élargit la plaie et augmente la douleur... Un peu avant d’arriver à la porte Judiciaire, Jésus a failli tomber... Au-delà de la porte, il y a un torrent et un petit pont. Nouvelle fatigue pour Jésus d’aller sur ces planches disjointes...  

Dans la montée du Calvaire se trouve une pierre qui dépasse. Jésus lève le pied un peu trop, bute et tombe sur le genou droit...

L’écriteau cahote devant Lui et Lui gêne la vue et son long vêtement, maintenant qu’Il avance courbé, traîne par terre par devant et gêne sa marche. Jésus bute de nouveau et tombe sur les deux genoux... la croix échappe de ses mains et tombe après Lui avoir frappé fortement le dos... On voit nettement sur son épaule droite la plaie faite par le frottement de la croix qui a ouvert les plaies nombreuses de la flagellation... Les gens applaudissent, heureux de ces chutes si mauvaises.”  

Toutes ces souffrances sont, bien sûr, accompagnées d’insultes de la part des juifs.

Jésus rencontre quelques regards amis puis tombe une troisième fois, une chute complète provoquée par une syncope, et paraît comme mort. Cependant Jésus revient à Lui et deux soldats L’aident à se relever. La marche terrible reprend... Des femmes s’avancent jusqu’à Jésus en pleurant et Jésus s’arrête.

“Une autre femme, qui a près d’elle une jeune servante avec un coffret dans les bras, l’ouvre, en tire un linge de lin très blanc, carré, et l’offre au Rédempteur.”  La femme aide Jésus à s’essuyer le visage. Jésus rend le linge et parle: “Merci Jeanne, merci Nique... filles de Jérusalem.” La suite est connue.(Page 272)

Jésus se remet en marche en titubant toujours davantage. Plus loin, sur le chemin que suit Jésus et qui contourne la “montagne” se trouvent Marie et Jean. Les autres femmes regardent si le Sauveur arrive... Marie essaie de passer entre les soldats qui, pressés, cherchent à la repousser. Des pierres et des imprécations volent, lancées par les juifs rendus furieux par l’arrêt occasionné par les saintes femmes. C’est à ce moment que Longin, apercevant une charrette chargée de salades pense que le Cyrénéen pourra lui être utile. Voyant Marie il ordonne:“Laissez passer la femme.”  Puis au Cyrénéen:”Tu vois cet homme?.. Il ne peut plus avancer ainsi chargé. Tu es fort. Prends sa croix et porte-la à sa place jusqu’à la cime.” ...

Le Cyrénéen d’abord réticent, obtempère quand il est menacé de bastonnade. Il rejoint Jésus “juste au moment où ce dernier se tourne vers sa Mère qu’Il voit seulement venir...  Jésus crie: “Maman!”... Dans cette parole il y a la confession de toute sa terrible douleur de l’esprit, du moral et de la chair. C’st le cri déchiré et déchirant d’un enfant qui meurt seul, parmi les argousins et au milieu des pires tortures... Marie crie: “Fils!”

Le Cyrénéen a pitié... et se hâte d’enlever la croix, avec la délicatesse d’un père, pour ne pas heurter la couronne et ne pas frotter les plaies... Le cortège se remet en marche sous la poussée des flots d’un peuple furieux qui... repousse la Mère contre la montagne, l’exposant au mépris de tout un peuple... Maintenant, derrière Jésus, marche le Cyrénéen portant la croix.”

Marie suit le cortège avec les femmes. Les condamnés arrivent enfin au Calvaire.  Longin fait chasser, par ses soldats, et sans pitié, les juifs spectateurs qui s’étaient installés à l’avance pour avoir les meilleures places. Ne peuvent rester sur le Calvaire que quelques femmes et quelques fidèles dont Joseph d’Arimathie. “Il faut un vrai courage pour rester aussi peu nombreux, connus comme galiléens ou fidèles au Galiléen, contre toute une population hostile. C’est ici l’unique point où on ne blasphème pas le Christ!”  Car la ville est vide et silencieuse: “Tout est ici: tout l’amour et toute la haine. Tout le Silence qui aime et pardonne, toute la Clameur qui hait et lance des imprécations.

Pendant que les hommes préposés à l’exécution préparent leurs instruments en achevant de vider les trous -les trous qui recevront les croix-, et que les condamnés attendent dans leur carré, les juifs... insultent la Mère: “A mort les galiléens!... A mort le blasphémateur galiléen! Clouez sur la croix même le sein qui l’a porté! Loin d’ici les vipères qui enfantent les démons! A mort! Purifiez Israël des femmes qui s’allient au bouc!”

...Tout est prêt. On fait monter les condamnés. Jésus passe encore une fois près de la Mère qui pousse un gémissement qu’elle cherche à freiner en portant son manteau dans sa bouche. Les juifs la voient et rient et se moquent d’elle... Le centurion donne au Cyrénéen l’ordre de s’en aller. Les deux larrons jettent par terre leurs croix en blasphémant. Jésus se tait.”

Remarque importante

On ne peut manquer de noter des différences parfois notables entre les récits des diverses voyantes.  Maria Valtorta s’en est d’ailleurs déjà expliqué. Mais deux points supplémentaires sont à signaler ici:

1° A.C. Émmerich raconte ses visions à son secrétaire qui, pour ne pas la gêner, ne prend pas de notes et rédige seulement quand il est de retour chez lui. Malgré toute sa bonne volonté il n’est pas impossible qu’il ait commis quelques erreurs ou quelques oublis.

2° Maria Valtorta, quant à elle, décrit les scènes auxquelles elle assiste, en même temps qu’elles se produisent. Ces visions restent devant elle, immobiles, aussi longtemps que nécessaire. Et même, si elle est dérangée par des visiteurs, même longuement, la vision s’arrête sur la scène en cours. Les visions reprennent leur cours normal aussitôt que Maria peut se remettre à son travail.

   

 

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