CHEMIN DE SAINTETÉ

adveniat regnum tuum

Sœur Marie de Saint-Pierre
(Perrine Éluère)
1816-1848

JOURNAL SPIRITUEL

56
Impression de la Sainte Face

L’Église est la Face du corps mystique

« Avant la communion, une lumière intérieure m’avait fait comprendre que l’Église est la Face du corps mystique de Jésus-Christ et qu’elle est maintenant couverte de plaies par les impies !... Alors une inspiration me fit offrir à Notre-Seigneur le lait virginal de sa sainte Mère comme une précieuse et suave liqueur pour adoucir les plaies de sa très Sainte-Face : mon âme éprouvait une grande joie en faisant cet exercice de simplicité et d’amour.

Après la communion, ce divin Sauveur a bien voulu, dans son infinie bonté, me faire connaître qu’il avait eu pour très agréable cet exercice et qu’il fallait le continuer; mais il m’a dit qu’il voulait à son tour me faire goûter le lait de ses divines consolations afin d’adoucir mes peines. Alors il me sembla voir ce tendre Sauveur rayonnant de gloire, et tous mes sens étaient ravis de joie. Bientôt il m’a fait entendre ces douces et consolantes paroles:

— Votre pèlerinage s’avance !... La fin du combat approche !... Vous verrez bientôt ma Face dans le ciel !...

A ces mots, je me suis prosternée le visage contre terre, en disant :

— Seigneur, je ne mérite que l’enfer !

Le bon Maître m’a dit :

— Je vous ai appliqué la vertu de ma Face pour rétablir en vous l’image de Dieu. Ceux qui contempleront les plaies de ma Face sur la terre, la contempleront un jour rayonnante de gloire dans le ciel !

A ce moment, ma Révérende Mère, j’étais sur le Thabor, et j’aurais dit volontiers comme l’apôtre saint Pierre : “Seigneur, il fait bon ici ; faisons-y trois tentes pour les trois puissances de mon âme afin qu’elle jouisse toujours de ce doux repos qui surpasse infiniment tous les plaisirs de la terre.” Mais notre divin Sauveur m’a fait entendre que ses véritables épouses devaient préférer la chaleur du combat au repos de la contemplation, et qu’il ne fallait pas craindre de se jeter dans la mêlée pour défendre sa gloire. Je lui ai dit que j’allais combattre les ennemis de son Église avec les instruments de sa Passion, et j’ai vu que mon dessein lui était agréable.

Voilà à peu près ce qui s’est passé dans cette communion, je dis à peu près, parce qu’il n’est guère possible de dire textuellement ces paroles intérieures et encore bien moins d’exprimer ce que l’âme ressent. Combien les créatures semblent méprisables et indignes de fixer notre cœur!

Père éternel, je vous offre la très Sainte-Face de Jésus pour apaiser votre colère ! Regardez ses plaies, voyez ses humiliations! Elle est la digne réparatrice de nos crimes et la gloire de votre saint Nom ! Père éternel, je vous offre la très Sainte-Face de Jésus pour acquitter nos dettes ! Elle est le denier infiniment précieux marqué à l’effigie du Roi des rois. »


[1] « Un autre jour, le 30 mars 1848, elle se proposait de communier afin d’honorer la très Sainte-Face du Sauveur et d’adoucir ses plaies douloureuses. Elle le pria d’imprimer cette Face adorable sur son cœur, de manière à ne l’oublier jamais. »
— Abbé Janvier: “Vie de la Sœur Saint-Pierre”. Larcher - Paris 1884.

   

 

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