LA VOIE MYSTIQUE

adveniat regnum tuum

Sœur Marie de Saint-Pierre
(Perrine Éluère)
1816-1848

JOURNAL SPIRITUEL

26
Satan a trop grand peur de la Croix...

« ... Voilà à peu près ce que Notre-Seigneur me fit entendre (hier et aujourd’hui).

Ce divin Maître me fit connaître que la terre que nous avions achetée à son divin Père par l’offrande de sa Sainte-Face, était une figure sensible de la terre des vivants que nous devions acheter pour un grand nombre d’âmes, avec la pièce divine et mystérieuse de sa Face adorable [1]. Ensuite, ce divin Pasteur me présenta un troupeau en me disant qu’il m’en faisait la bergère. Il me fit entendre que ses pauvres brebis étaient mordues par le serpent et qu’elles avaient une rage du blasphème; qu’il fallait que je les mène paître sur les terres de ses divins mystères afin qu’elles y trouvent leur guérison, et que je les loge dans les plaies adorables de son Sacré-Cœur, en les marquant à l’effigie de sa Sainte-Face. Notre-Seigneur me fit entendre que j’aurais beaucoup à souffrir à cause que ce troupeau de blasphémateurs était, d’une manière toute spéciale, sous la conduite du prince des démons. Notre-Seigneur me fit connaître que Lucifer laissait volontiers aux autres démons la conduite des autres troupeaux de pécheurs, comme par exemple les impudiques, les ivrognes, les avares... Mais les blasphémateurs sont son troupeau chéri.

— C’est lui — me fit entendre ce divin Sauveur —, qui vous donne tant de répugnance pour cette œuvre de réparation des blasphèmes. Mais, ne le craignez pas: saint Michel et les saints Anges vous protégeront. Avec ma Croix que je vous donne pour vous servir de houlette, vous deviendrez, par cette arme, terrible au démon.

Ensuite, Notre-Seigneur me fit entendre que c’était pour cette mission qu’il m’avait retirée du monde et appelée dans la sainte maison; et comme j’éprouvait une certaine inquiétude sur la véracité, craignant toujours l’illusion, Notre-Seigneur me dit :

— Soyez tranquille ! Satan a trop grand peur de la Croix pour en marquer ses opérations.

Dans une de mes oraisons dont j’ai oubliai la date, Notre-Seigneur m’a reprise de ce que j’avais négligé de prier pour la conversion des blasphémateurs, en me faisant voir que j’avais laissé le démon me tenter de défiance en sa miséricorde. Il semblait me dire :

— Ne vous ai-je pas donné l’exemple de prier pour eux lorsque j’étais sur la Croix ?

Et il me fit connaître qu’il avait de grands desseins de miséricorde sur cette classe de pécheurs, et qu’il voulait se servir de moi comme d’un instrument malgré mon indignité, pour l’accomplissement de ses desseins. Notre-Seigneur m’a fait connaître que cette œuvre [tendait à] la réparation des blasphèmes du saint Nom de Dieu, mais aussi des autres blasphèmes proférés contre la religion et contre l’Église; cependant, elle s’applique spécialement aux blasphèmes du saint Nom de Dieu ».


[1] Allusion à la parcelle de terrain achetée par les Carmélites. Voir lettre du 29 octobre 1845.

   

 

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