CHEMIN DE SAINTETÉ

adveniat regnum tuum

Sœur Marie de Saint-Pierre
(Perrine Éluère)
1816-1848

JOURNAL SPIRITUEL

60
Témoignages
Drôle d'héritage

Témoignages

Abbé Panager Curé de Saint-Étienne à Rennes

« Je ne l’ai connue que depuis le moment où elle me choisit pour directeur. Elle s’adressa à moi, parce qu’elle voulait être religieuse. Ce motif me fit la recevoir de bon cœur, et je tâchai de l’aider. Elle fut toujours exacte, docile. Je lui prêtai des livres, la vis quelquefois en particulier. J’en fus toujours édifié, et me décidai à la proposer au Carmel. »[1]

Monsieur Dupont, le Saint-homme de Tours

La Salette

[Suite à une communication de Sœur Marie de Sainte à la Mère Supérieure, juste au début du mois de septembre 1846, et, avant l’apparition [2] sur la « sainte montagne »...]

« En 1846, vers les premiers jours du mois de septembre, à la veille de partir avec ma famille pour Saint-Servan, en Bretagne, j’allai prendre le commissions de la Révérende Mère, dont quelques parents demeuraient à Saint-Malo. Je fus obligé d’écrire la liste, assez longue, des commissions qui m’étaient données. Nous nous entretînmes ensuite de la sœur Marie de Saint-Pierre.

Voici ce qu’elle vient de me dire — ajouta la Révérende Mère. Et comme au même instant je me trouvais un crayon à la main, j’écrivis ce qui suit : Notre-Seigneur s’adressant à la sœur, lui dit : Ma mère a parlé aux hommes de ma colère ; elle veut la fléchir ; elle m’a montré son sein et m’a dit : “Voilà le sein qui vous a nourri, laissez-lui répandre des bénédictions sur mes autres enfants”. Alors elle est descendue, pleine de miséricorde, sur la terre ; ayez donc confiance en elle.

Je mis ces lignes dans mon livre de prières et je n’y pensai plus. Ne me trouvais-je pas devant un langage mystérieux, où le passé se confondait avec le présent et le futur? Je me contentai donc de me maintenir, d’une manière un peu vague, dans la conviction où j’étais depuis longtemps, que la sœur était la confidente de Notre-Seigneur. Cette conviction prit un nouvel essor lorsque, le 22 octobre de la même année, je reçus copie de la première lettre de Monsieur le curé Corps, relative à l’apparition de la sainte Vierge à la Salette, le 19 septembre. C’était l’accomplissement de la prédiction des premiers jours de septembre. J’en fis une copie et me hâtai de l’expédier à Monsieur le curé de Corps, qui ne tarda pas à m’écrire : “Dès le premier jour, j’ai cru ; aujourd’hui, si on peut parler ainsi, je crois double”.

Je m’étais fait une loi de ne rien écrire de ce qui m’était révélé, en secret, des communications de la sœur Saint-Pierre. Mais il est évident que, dans le cas dont je viens de parler, j’obéissais à un bon mouvement, puisque la phrase que j’ai transcrite ne se trouve pas dans le recueil des Révélations. A ce propos, la Révérende Mère me dit :

— J’ordonnais toujours à la sœur de mettre par écrit ce qu’elle voulait me rapporter; mais il est probable que, dans la circonstance actuelle, je l’aurai écoutée, et par mégarde j’aurai oublié ma formule ordinaire, qui tendait à la tenir dans l’humilité : Ma fille, par obéissance, allez écrire ce que vous voulez dire, je n’ai pas le temps de vous écouter. Or, j’ai bien pu, dans l’espace de cinq ans, faire plusieurs fois le même oubli, surtout lorsque la communication était courte et débitée avec la volubilité ordinaire de la sœur. Et dans ces cas-là elle se serait bien gardée de prendre la plume.

Cette explication est bien simple, bien naturelle, ce semble, et tout à fait concluante.

Il est touchant, plus qu’on ne peut penser et dire, de voir notre auguste Mère confier à de pauvres petits enfants les amertumes de son cœur maternel. N’est-il pas suffisant qu’elle ait été arrosée du sang de son divin Fils sur le Calvaire ? Faut-il aujourd’hui qu’une génération impie, le blasphème à la bouche, rappelle les affreuses stations des rues de Jérusalem? Et que deviendrons-nous, si Marie ne peut plus retenir le bras de Jésus ?...»[3]

Tours, La Salette et Lourdes

« A Tours, Notre-Seigneur parle à sa servante, lui annonce les miséricordieuses visites de sa très sainte Mère. A La Salette, Marie, assise sur la pierre, verse des larmes; elle porte sur elle les insignes de la Passion, se plaint amèrement des blasphèmes qui blessent la majesté divine, prédit des fléaux; mais, pour que sa présence sur la terre ne soit pas stérile, elle dit et répète de faire passer ses plaintes à son peuple: c’est-à-dire, sans doute, aux petits et aux simples ; car les prétendus savants n’étaient pas de force à adopter le miracle de l’apparition. Les petits, au contraire, ont cru dès le premier moment; ils auront prié, et l’on peut penser qu’ils ont obtenu au moins un répit, puisque, quelques années après, en 1868, la très sainte Vierge se montrait à Lourdes revêtue d’un vêtement de fête; elle ouvre les mains qu’elle tenait cachées à La Salette, elle se nomme triomphalement l’Immaculée Conception, elle demande, ce qu’on peut prendre pour un gage de paix, l’érection d’une église: toutes choses qui peuvent nous faire espérer un meilleur avenir. »[4]

La Réparation

« Sit Nomen Domini benedictum!

Nous touchons, je crois, à la réalisation des vœux de la vénérable sœur, apôtre de l’œuvre réparatrice. Il est impossible que la circulaire ne produise pas un grand effet dans le monde chrétien, et le monde chrétien s’occupera à demander grâce et miséricorde. Que Dieu en soit bénit, et son saint Nom glorifié à jamais ! »[5]

“Coïncidence” de dates

« Sœur Saint-Pierre, entrée au Carmel depuis trois années seulement, édifiait la communauté par sa très vive dévotion envers l’Enfant-Jésus, lorsque tout d’un coup, le 26 août 1843, elle vint après la messe se jeter aux pieds de la Révérende Mère prieure : “Notre-Seigneur, dit-elle, vient de me donner ordre de dire et de faire dire, le plus souvent que je pourrai, l’invocation suivante relative au grand crime du blasphème : Qu’à jamais soit loué, béni, aimé, adoré, glorifié, le très saint, très sacré, très adorable, inconnu, inexprimable Nom de Dieu, au ciel, sur la terre et dans les enfers, par toutes les créatures sorties des mains de Dieu et par le Sacré-Cœur de Jésus au très Saint-Sacrement de l’autel.

Or, il se rencontrait que le 25, veuille de cette ineffable communication, était précisément le dernier jour d’une union de prières en forme de quarantaine (la quarantaine de saint Louis dont nous avons parlé). Les prières se terminaient par cette aspiration : Que votre Nom, Seigneur, soit connu, béni, en tout temps, en tous lieux. La quarantaine n’avait pas été faite au Carmel, mais, suivant toute apparence, en plusieurs villes et par un grand nombre d’âmes : il ne semble pas douteux que cette union de prières n’ait hâté la naissance de l’œuvre de la Réparation.

Chose remarquable, le 8 août de cette même année 1843, le souverain pontife Grégoire XVI donne un bref pour permettre d’instituer de pieuses confréries dont le but est l’extirpation du blasphème. D’une autre part, à la même époque, dans le diocèse de Nantes, un révérend père Jésuite qui évangélisait sans aucun succès une paroisse rurale étrangement livrée au blasphème, obtint des fruits de salut abondants, peu après que Monseigneur l’évêque eut approuvé une association contre le blasphème avec quarante jours d’indulgence.

Enfin, par une circonstance fortuite, on découvrit dans le même temps qu’une petite feuille d’impression intitulée : “Avertissement au peuple français ou réparation inspirée pour apaiser la colère de Dieu”, avait été publiée, en 1819, avec approbation de Monsieur l’abbé Soyer, vicaire général de Poitiers, mort en 1845 évêque de Luçon ; que cet avertissement avait pour but l’extirpation du blasphème, et qu’il avait été inspiré à une pieuse carmélite de Poitiers, la mère Adélaïde, laquelle mourut en odeur de sainteté le 31 juillet 1843, c’est-à-dire vingt-six jours avant que la sœur Saint-Pierre reçût la mission de demander l’œuvre réparatrice du blasphème, comme si Dieu eût attendu la mort d’un de ses prophètes pour un susciter un autre : Uno deficiente, haud deficit alter.[6]

(...)

Si la foi n’ordonne pas, elle permet du moins de croire qu’il en a été ainsi, conformément à cette promesse : “Quand plusieurs seront réunis en mon nom, je me trouverai au milieu d’eux.”[7]

Ce ne fut qu’un an après les révélations faites à la vénérable sœur que nous reconnûmes la coïncidence toute mystérieuse qui existait entre l’aspiration de la quarantaine et l’invocation prescrite par Notre-Seigneur : comme si le ciel eût entendu le cri de la terre !... Et l’œuvre de la Réparation naissait... »[8]

Extraits divers

« La pauvre sœur en souffre étrangement et continue à recevoir des avis sur la nécessité de réparer. Les cris de cette sainte âme ont donné naissance, à Tours, aux petites feuilles contre le blasphème. Mais elle souffre encore et demande de la part de notre bon Sauveur qui consent à être apaisé, une œuvre de réparation d’honneur. »[9]

« Il est vrai que je n’ai mission ni directe ni indirecte pour parler de choses aussi relevées ; mais, d’un autre côté, sans que j’aie jamais fait aucun calcul à ce sujet, des circonstances m’ayant mis à même d’entrer en qualité de colporteur dans cette affaire, j’ai comme une obligation matérielle à remplir.

(...)

Notre-Seigneur connaît les vœux ardents que je forme à ce sujet, chaque fois que le très saint Nom de Dieu se présente à ma pauvre âme dans la sainte Écriture. Et que d’occasions se sont présentées pendant le carême et depuis Pâques ! »[10]

Monseigneur Morlot, archevêque de Tours

« Je ferai tout mon possible pour répondre à des manifestations qui me paraissent d’une haute importance et d’un si grand intérêt. »[11]

« Il est non seulement bon et nécessaire, mais urgent de donner la suite que vous indiquez à ces inspirations. Dans l’écrit se trouve compris tout ce que je voulais y voir. Dieu bénira ces efforts et ce concours de prières et d’expiation. »[12]

« Mon enfant, je désire de tout mon cœur établir cette œuvre et lui donner la publicité qu’elle mérite, mais c’est une chose difficile. Si vous connaissiez comme moi les obstacles! Nous avons déjà tant de peine à faire marcher notre peuple dans la voie ordinaire: que dira-t-on si je propose quelque pratique de plus? Cela n’excitera-t-il pas les méchants à de plus grands blasphèmes? Exposez à Dieu nos difficultés et priez beaucoup pour moi; demandez de nouvelles lumières; si le Seigneur vous éclaire, vous m’en donnerez connaissance. Mon enfant, ce que vous éprouvez n’a point le caractère des illusions; j’y reconnais, au contraire, le cachet de Dieu. Nous avons pris des informations et nous savons que plusieurs personnes ont eu la même inspiration que vous au sujet de cette œuvre réparatrice; elle existe en Italie, et il y a un mouvement pour elle dans plusieurs diocèses de France. Je désire beaucoup que les âmes pieuses s’appliquent à cette dévotion, mais vous surtout, mon enfant; offrez-vous à Dieu comme une victime; offrez vos pénitences et toutes vos œuvres en sacrifice de réparation pour l’Église et pour la France; unissez-vous à Notre-Seigneur Jésus-Christ au très Saint-Sacrement de l’autel pour rendre, par lui, honneur, louange et gloire aux trois divines personnes de l’adorable Trinité; tâchons d’empêcher le bras du Seigneur de s’appesantir sur nous. Adressons-nous au saint Cœur de Marie; offrons au Père éternel, par les mains de cette auguste Mère, le sang, les souffrances et tous les mérites de son Fils, et j’espère que nous apaiserons la colère de Dieu.

Vous ferez, le jeudi une amende honorable ; le vendredi, vous direz les litanies de la Passion, et le samedi, celles de la sainte Vierge. Quand le Seigneur vous l’inspirera, vous réciterez, mon enfant, les prières de la Réparation; mais j’aime mieux que vous fassiez les prières les plus communes.

Dès lors que vous ne vous obstinez pas à rien poursuivre hors des limites de l’obéissance et que vous abandonnez ces choses au jugement de vos supérieurs, vous devez être parfaitement tranquille.

Je trouve tout cela très bien ; priez le Seigneur de m’éclairer et agissez uniquement pour la gloire de Dieu ».[13]

« J’apprends avec la plus vive sensibilité la mort de cette bonne sœur; mais il faut la féliciter et non la plaindre. Nous devons espérer aussi qu’elle va continuer au ciel, et d’une manière plus efficace encore, ce qu’elle a si bien commencé sur la terre. Elle protégera votre chère maison, le diocèse et la France !... J’en ai la douce confiance. Demain j’offrirai pour elle et pour vous toutes l’auguste sacrifice. »[14]

« J’ai lu avec un bien grand intérêt la notice que vous m’avez adressée. Je ne doute pas de l’impression qu’elle produira dans toutes les maisons de votre Ordre, et j’ai la ferme confiance avec vous que cette âme choisie, étant en possession de la gloire et du bonheur, plaidera efficacement notre cause auprès du Seigneur, après avoir prié sur cette terre avec tant de foi et pratiqué ici-bas les belles vertus qui distingue les vraies épouses de Jésus-Christ. » [15]

Une Carmélite [16]

« Parler de sœur Marie de Saint-Pierre, rendre hommage à sa vertu, est pour moi tout à la fois un bonheur et un devoir. Je vais donc mettre simplement, par écrit, quelques particularités qui m’ont frappée dans les rapports que j’ai eus avec elle.

Elle entra en religion plusieurs années après moi; à cette époque, quoique professe, j’étais en au noviciat, ce qui me mit à même de la bien connaître, et, par suite, de l’admirer. Déjà nous voyions en elle une religieuse formée à toutes les vertus ; celles que je remarquai davantage, c’étaient son humilité, son recueillent et son obéissance. Elle recevait les épreuves et les humiliations auxquelles on la soumettait avec tant de joie et de reconnaissance, que nous en étions toutes édifiées ; loin de s’excuser, elle s’accusait toujours elle-même, et semblait rechercher sans cesse les occasions de s’anéantir. Elle était si recueillie, qu’elle ne voyait pas même ce qui se passait devant elle. Un jour, pendant son postulat, notre Mère lui avait permis de lever les yeux au chœur pour voir une cérémonie touchante; mais elle prit la fin pour le commencement, et lorsqu’elle leva les yeux par obéissance, tout était terminé; elle n’avait rien vu de ce qui venait de s’accomplir.

Jusqu’à sa profession, je n’eus avec elle que des relations de noviciat; mais bientôt après je m’aperçus de sa dévotion toute spéciale à la sainte Enfance de Notre-Seigneur, pour laquelle je me sentais aussi beaucoup d’attrait ; c’est ce qui nous lia étroitement ensemble, et me fournit l’occasion de connaître un peu plus particulièrement cette belle âme. Sa piété était si douce et si aimable que j’en étais vivement touchée; nos pratiques de dévotion avaient toujours pour but d’honorer le mystère de la divine Enfance. Le saint Enfant-Jésus était l’objet de nos conversations. Avec quelle tendresse elle en parlait ! Comme elle savait bien s’entretenir sur les vertus de ce divin Enfant ! Et quoiqu’elle s’humiliât toujours, il m’était facile de voir qu’elle en possédait la connaissance à un haut degré. Pour règle de sa conduite, elle avait pris ces mots: Il leur était soumis. Je puis assurer qu’elle les mit en pratique avec la plus grande perfection.

L’office de portière, où elle fut mise peu d’années après sa profession, donna un grand exercice à sa vertu ; je fus témoin de sa promptitude dans l’obéissance et de son entière abnégation. A l’époque de notre changement de monastère, ses occupations redoublèrent, et, quoiqu’elle en fût surchargée, elle ne perdait pas un instant son recueillement ; elle était fort diligente, et suffisait à tout avec un zèle et une charité remarquables. Étant alors dépositaire, je ne manquais pas non plus d’embarras; mais lorsqu’elle me voyait un peu abattue, ou sur le point de m’échapper, elle me rappelait tout bas ces paroles : Il leur était soumis, et ajoutait : “Allons, soumettons-nous à la volonté du saint Enfant-Jésus; nous sommes ses petites servantes.” Le temps que nous passâmes hors de la clôture vint accroître ses mérites et embellir sa couronne. Elle eut à souffrir de toutes manières ; mais les choses les plus pénibles la trouvèrent toujours douce, patiente et résignée. Elle ne se plaignit jamais, et sa gaieté même ne souffrit aucune altération.

Notre chère sœur a été aussi, pour moi, un grand sujet d’édification dans les souffrances corporelles qu’elle eut à supporter ; elle fut prise par la maladie environ un an avant sa mort. J’étais alors infirmière; je ne puis dire quelle consolation j’éprouvais auprès de cette pieuse malade; elle ne refusait rien, trouvait toujours bien ce qu’on faisait pour elle, et semblait oublier ses besoins pour ne s’occuper que de Dieu. Elle était d’une soumission telle, qu’elle n’eût pas fait un pas hors de l’infirmerie sans ma permission. Son recueillement paraissait continuel ; en un mot, il me semblait avoir un ange plutôt qu’un infirme. Aussi je ressentis une peine très sensible quand je cessai de lui donner mes soins ? »

Drôle d’héritage...

« En voyant, par vos lettres, que vous désiriez quelque souvenir de votre pauvre marraine, j’ai tout de suite pensé à un objet qu’elle-même a confectionné dans une circonstance assez singulière; et je fus surprise lorsque d’elle-même, sans aucune question de ma part, elle me pria de vous destiner le même objet. Je vous avoue que vous êtes son unique légataire ; car c’est la seule chose dont elle m’ait priée de disposer pour quelqu’un. Quel est donc cet objet? Je vous le donne en cent à deviner

C’est un tambour..., mais un tambour qui ne ressemble à aucun autre que pour la forme, et dont l’idée est tout à fait ingénieuse. En voici l’histoire.

Quand la pauvre sœur tomba malade, on était au moment des élections gouvernementales. Nous avons eu plus d’une alerte. Alors je lui dis, en plaisantant un peu : “Puisque vous ne pouvez plus prier, vous serez le tambour spirituel, et lorsque vous entendrez la garde nationale battre le rappel, vous appellerez les saints anges à notre secours.” Elle accepta sa nouvelle mission, et, le lendemain, me présenta un petit tambour avec tous les chœurs des anges, le saint Nom de Dieu, etc. Ne pouvant prier, elle le prenait sur son lit pour appeler à notre aide toute la milice céleste, frappant le petit tambour avec les doigts.

Le monde rirait fortement de ce trait de piété enfantine ; mais vous, Monsieur, qui n’êtes pas de ce monde, vous y verrez comme moi, sans doute, l’admirable simplicité d’une âme transformée dans la science de la crèche et dans la vertu de l’obéissance. Ce tambour vous est donc destiné. Il sera du goût, je crois, de votre petit Charles; nous y joindrons quelque autre chose pour vous et pour Madame Lebrument. »

Mère Marie de l’Incarnation,
carmélite indigne

* * *

NOTA : Les titres et les sous-titres ne figurent pas dans les documents originaux. Nous les avons inclus afin de permettre une recherche plus rapide.

* * *

          Compilation achevée le 5 mai 1996, date anniversaire de ce beau message reçut par sœur Marie de Saint-Pierre :

« Le Sauveur me fit entendre qu’il avait remis toutes choses entre ses mains [18], et qu’Elle nous obtiendrait le bref du souverain pontife. Cette œuvre réparatrice est si nécessaire à la France et si glorieuse à Dieu, qu’il veut que sa très sainte Mère ait l’honneur de la donner à ce royaume, comme un gage nouveau de sa miséricorde. Allons donc à la très sainte Vierge, qui est la trésorière des grâces de Dieu ; disons-lui sans cesse que la France lui est consacrée et qu’elle lui appartient. Redoublons de zèle pour cette Œuvre ; que les difficultés ne nous abattent point ; pour moi, Notre-Seigneur me donne une confiance sans bornes.

— Sit Nomen Domini benedictum! »[19]


[1] Document O - Lettre à la Mère Prieure du Carmel de Tours.
[2] La Vierge Marie est apparue, le 19 septembre 1846, à La Salette, dans les Alpes, diocèse de Grenoble, à deux petits enfants : Mélanie et Maximin.
      Notre Mère du ciel y est apparue en pleurs... Elle y demanda, à « son peuple » — la France — la sanctification du saint jour du Dimanche et la réparation du blasphème. « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils; il est si lourd que je ne puis plus le retenir. Oh! si vous saviez combien je souffre pour vous!... » Elle confia également aux enfants un secret assez important sur l’état et l’avenir de l’Église. Ce même secret suscita bien des polémiques. Il fut, malgré cela, approuvé à Rome, par le Chanoine Lippidi. Mélanie, quand à elle, entra au couvent et, après bien des vicissitudes, rendit son âme à Dieu à Altamura, en Italie, où son corps repose. Maximin, après avoir été zouave pontifical, mourut presque dans l’oubli.
[3] Abbé Janvier - « Vie de Monsieur Dupont », T 1, page 161. — Document T, page 9.
[4] Document T, p. 12.
[5] Monsieur Dupont fut profondément touché par la mort de sœur Marie de Saint-Pierre. Il en ressentit, non pas de la tristesse, mais plutôt de la joie, car  « à ses yeux une sainte mort était un jour de joie, un commencement de gloire pour l’humble vierge et pour son œuvre de prédilection. Il avait assisté aux obsèques le visage rayonnant, et conduit comme en triomphe sa dépouille mortelle au cimetière de Saint-Jean-des-Coups — ancien cimetière, ainsi nommé de la défaite sanglante que subirent les Normands au IX siècle à l’aspect des reliques de saint Martin —, lieu qui lui était déjà bien cher, puisqu’il y avait conduit six mois auparavant le corps d’Henriette, sa fille unique et bien-aimée. » — Abbé Janvier : “Vie de la Sœur Saint-Pierre”. Larcher - Paris 1884.
[6] « L’un venant à manquer, un autre lui succède. »
[7] Documents et mémoires laissés par Monsieur Dupont.
[8] Lettre à la sœur G..., du 11 juillet 1866.
[9] « Les petites feuilles ou feuilles de saint Louis, dont parle ici Monsieur Dupont, étaient des prières imprimées d’abord à Poitiers. (...) Elles furent réimprimées à Tours avec l’approbation de Monseigneur Morlot, lequel ayant été instruit, dès le commencement, des révélations faites à sœur Saint-Pierre, parut tout d’abord s’y intéresser très vivement. “Je ferai tout mon possible pour répondre à des manifestations qui me paraissent d’une haute importance et d’un si grand intérêt.” Ce sont les expressions dont se sert le vénérable prélat dans une lettre écrite à la prieure du Carmel, en date du 29 février 1844. » — Abbé Janvier: “Vie de Monsieur Dupont”. Tome 1, page 144.  Larcher - Paris 1879.
[10] Lettre du 30 avril 1846 à Monsieur le Borgne, vicaire général de Saint-Brieuc.
[11] Ce sont les expressions dont se sert le vénérable prélat dans une lettre écrite à la prieure du Carmel, en date du 29 février 1844.
[12] Lettre de Monseigneur Morlot à la Mère Marie de l’Incarnation, prieure du Carmel de Tours, du 23 janvier 1849, au sujet de la publication des prières de sœur Saint-Pierre.
[13] Lettre de Monseigneur Morlot, à la suite du premier entretien qu’il a eu avec sœur Marie de Saint-Pierre.
[14] Premier billet de condoléances envoyé par l’archevêque au Carmel de Tours, lorsqu’il apprit la mort de sœur Saint-Pierre.
[15] Celui-ci fut envoyé « quand la Circulaire composée selon l’usage sur sœur Saint-Pierre fut envoyée au prélat. »
[16] Il s’agit du témoignage de l’une des Carmélites de Tours « qui a pu la suivre tout le temps et l’observer avec attention », comme le souligne l’abbé Janvier: “Vie de la Sœur Saint-Pierre”. Larcher - Paris 1884.
[17] Lettre envoyée par la Prieure du Carmel de Tour à ce bon Monsieur — qui appelait Marie de Saint-Pierre sa « marraine », et qui voulait un souvenir de celle-ci, après son décès.
[18] Entre les mains de Marie.
[19] Lettre du 5 mai 1847

   

 

Pour toute suggestion, toute observation ou renseignement sur ce site,
adressez vos messages à :

 voiemystique@free.fr