CHEMIN DE SAINTETÉ

adveniat regnum tuum

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La PASSION de MARIE
selon
Maria de AGREDA

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Après la mort de Jésus

 

Ouverture du côté de Jésus. Mort des larrons

Marie était au pied de la Croix avec Jean, Marie de Cléophas et Marie-Madeleine. “La plus grande affliction de cette Mère de miséricorde était l’ingratitude par laquelle elle prévoyait que les hommes répondraient à un bienfait si rare et si digne d’une reconnaissance éternelle; Elle se demandait aussi avec inquiétude comment elle donnerait la sépulture au corps sacré de son très Saint Fils, et qui le lui descendrait de la Croix sur laquelle elle avait continuellement les yeux élevés...  (1437)

Bientôt arriva une troupe de gens armés qui venaient au Calvaire. Comme c’était la veille de la Pâque, les juifs avaient demandé, et obtenu de Pilate, la permission de rompre les jambes des trois crucifiés pour hâter leur mort afin de pouvoir les descendre de croix ce soir même. Les soldats rompirent les jambes des deux voleurs, mais “voyant que notre Sauveur était déjà mort, ils se dispensèrent de lui rompre les jambes... Cependant un soldat romain, appelé Longin, s’approcha de notre Rédempteur et lui ouvrit le côté avec sa lance; il en sortit aussitôt du sang et de l’eau...”  (1438) La  bienheureuse Marie éprouva une douleur aigüe, comme si c’était elle qui avait reçu ce coup de lance. “Cependant, touchée de compassion, elle oublia ses propres maux pour dire à Longin: Que le Tout-puissant vous regarde avec des yeux de miséricorde, pour la peine que vous avez  causée à mon âme.” 

Marie obtint que Dieu regardât Longin avec des yeux de miséricorde, lui rendît le bien pour le mal, et le comblât de bénédictions et de grâces. “...quelques gouttes du sang de Jésus rejaillirent sur le visage de Longin, et par cette faveur lui fut accordée la vue corporelle dont il était presque privé, et éclaira en même temps son âme, afin qu’il connût le Crucifié qu’il avait inhumainement percé. Par cette connaissance, Longin se convertit... et aussitôt il fit une déclaration publique de ses sentiments devant les juifs pour leur plus grande confusion, et en témoignage de leur endurcissement et de leur perfidie.” (1439)

Marie pénétra le mystère du coup de lance, et comprit que, de ces dernières gouttes de sang et d’eau qui jaillirent du côté de son très Saint Fils, allait sortir l’Église nouvelle, purifiée et rajeunie... (1440)

Suivent les scènes de l’arrivée de Nicodème et de Joseph d’Arimathie, et la descente de Croix. Marie d’Agreda a ces mots remarquables à l’encontre de Joseph d’Arimathie: “Chassant la crainte qu’il avait auparavant de l’envie des Juifs et du pouvoir des Romains, il s’en vint hardiment trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus, pour le descendre de la Croix, et lui donner une sépulture honorable, attestant ainsi qu’il était innocent et le vrai Fils de Dieu, et que cette vérité était établie par les miracles de sa vie et de sa mort.” (1442)

Descente de Croix et mise au tombeau

Après avoir acheté des aromates, suivant l’usage juif d’ensevelir les morts, et préparé un linceul blanc, Joseph et Nicodème procédèrent à la descente de Croix de Jésus et à son ensevelissement.  “Il arrivèrent en présence de la bienheureuse Marie qui se tenait plongée dans la plus profonde douleur au pied de la Croix, avec Saint Jean et les Marie...  Il ne cessèrent de gémir et de sangloter que lorsque notre invincible Princesse les releva de terre, les consola et les anima; et alors ils la saluèrent avec une humble compassion... Comme  Marie était fort proche de la Croix, avec Jean et la Madeleine qui l’assistaient, Joseph craignit que la douleur de la divine Reine ne se renouvelât si elle voyait déclouer le sacré corps, et si elle le touchait quand ils le descendraient.... Mais Jean  lui répondit que dès le commencement de la Passion elle s’était trouvée présente à toutes les peines du Seigneur, et qu’elle ne le quitterait point jusqu’à la fin, parce qu’elle Le révérait comme son Dieu et L’aimait comme le Fils de ses entrailles. ..“  (1444)

Marie reçut le corps de son Fils dans le linceul déplié placé sur ses genoux. “A ce moment elle se sentit également pénétrée de compassion et de joie, car la vue de ce Fils, le plus beau des enfants des homms, alors couvert de plaies et défiguré, renouvela toutes les douleurs de son âme; mais, si en Le tenant dans ses bras... elle souffrait quelque chose d’inexprimable, elle goûtait en  même temps, par la possession de son trésor, des consolations et des douceurs qui satisfaisaient l’ardeur de son amour.”  (1446)

“Après que la Mère de douleurs eût gardé quelque temps le corps de son adorable Fils sur ses genoux, Saint Jean et Joseph la supplièrent de leur permettre de l’ensevelir car il était déjà fort tard...” Une procession eut lieu où se trouvaient les anges et les hommes...  La divine Mère suivait, accompagnée de Madeleine, des Maries et de quelques autres femmes. dévotes, ses disciples...”  (1448)  Quand Jésus eut été déposé dans le sépulcre, “tous ceux qui avaient assisté à la sépulture du corps sacré du Sauveur revinrent au Calvaire... La Maîtresse des vertus s’approcha de la Sainte Croix et l’adora avec une tendre dévotion.” (1449)

Instructions données à Marie d’Agreda

La Vierge Marie donne encore quelques instructions à Marie d’Agreda: “Ma fille, le coup de lance “que mon très Saint Fils reçut dans son sacré côté ne fut douloureux que pour moi... Vous devez considérer que mon Fils et mon Seigneur voulut, par le très ardent amour qu’Il a pour les hommes, recevoir, outre les plaies des mains et des pieds, celle du côté qui Lui ouvrit le cœur, siège de l’Amour, afin que les âmes entrassent en quelque façon par cette porte pour goûter cet amour en le puisant à sa propre source, et que ce fût le lieu de leur refuge... Mon très saint Fils est très touché quand Il voit que les créatures l’imitent en pardonnant à ceux qui les outragent, et en priant pour eux.” (1451) Marie fait également remarquer la justice de la Providence qui voulut que Jésus, après avoir été abreuvé d’outrages fut enseveli avec honneur. (1453)

La nuit du Vendredi Saint

Quand Marie, ses compagnes et Saint Jean furent de retour au Cénacle, Marie remercia tous ceux qui l’avaient assistée “avec une profonde humilité et beaucoup de larmes.” Marie d’Agreda fait remarquer combien, ensuite, Marie fut attentive d’abord aux besoins des autres avant de se retirer seule, dans sa chambre. (1454) “Une fois seule dans sa retraite, elle donna libre cours aux sentiments douloureux qui agitaient tout son être, et laissa ses puissances intérieures et extérieures s’abîmer dans l’amertume de son cœur... (1456) Elle passa toute la nuit dans la considération de ces sublimes mystères, pleurant et gémissant, louant et glorifiant les oeuvres de son Fils, sa Passion, ses jugements impénétrables et d’autres ineffables secrets de la divine Sagesse et de la Providence du Seigneur... Le samedi matin, un peu avant quatre heures, Jean alla voir la Mère affligée avec le désir de la consoler... Notre grande Reine l’engagea à parcourir immédiatement la ville, où il ne tarderait pas à rencontrer Pierre qui venait la chercher; elle lui dit de l’accueillir avec cordialité, de le consoler et de le mener en sa présence.”  (1457)

Jean trouva bientôt Pierre tout baigné de larmes. Jean l’encouragea à venir rencontrer la Mère. Auparavant ils cherchèrent tous deux les autres apôtres et en trouvèrent quelques-uns, et ils allèrent ensemble au Cénacle. (1457) Pierre se jeta aux pieds de Marie en avouant son péché et en pleurant. Marie pria et encouragea l’apôtre repentant en le fortifiant dans l’espérance. Les autres apôtres se présentèrent ensuite à Marie, avouèrent leur lâcheté, et pleurèrent amèrement leur péché. Marie les releva et les encouragea eux aussi. (1458)

Le Samedi Saint  

Marie passa une partie de la journée du samedi à conforter les uns et les autres. Quand le soir fut venu elle se retira de nouveau et contempla ce “que l’âme très sainte de son Fils faisait depuis qu’elle était sortie de son corps sacré.” Marie sut ainsi que Jésus avait libéré les patriarches et les justes de leurs prisons des Limbes où ils attendaient la venue du Rédempteur. (1459 à1461) “L’âme très sainte de notre Rédempteur demeura dans les Limbes depuis les trois heures et demie du vendredi soir jusqu’aux trois heures du matin du dimanche suivant où elle retourna victorieuse au sépulcre.

   

 

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