CHEMIN DE SAINTETÉ

adveniat regnum tuum

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La PASSION de MARIE
selon
Maria de AGREDA

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Le Chemin de Croix et la Crucifixion

 

Sur le chemin du Calvaire

Les souffrances subies par Jésus sur le Chemin menant au Calvaire sont bien connues. Marie d’Agreda montre “les soldats, qui, abjurant tout sentiment de pitié naturelle, menaient notre Sauveur avec une cruauté incroyable. Les uns Le tiraient avec les cordes par devant pour hâter sa marche, les autres par derrière pour augmenter ses peines. Les pierres qu’Il rencontrait en tombant le blessèrent surtout aux genoux... le poids de la croix Lui causa en outre, un grand ulcère à l’épaule... et par les secousses qu’on Lui imprimait, tantôt la croix heurtait contre sa tête, et tantôt sa tête contre la croix, et alors les épines de la couronne s’enfonçaient davantage dans les parties les plus vives de la chair... Ils (les bourreaux) aggravaient les douleurs de leur victime par des blasphèmes exécrables et en couvrant sa face divine de leurs immondes crachats et de poussière. Ils Lui en jetaient avec un tel acharnement qu’ils Lui en remplissaient les yeux.”  (1367)

Marie, Jean, Madeleine et les autres femmes quittèrent la maison de Pilate pour suivre Jésus qu’ils rencontrèrent bientôt. Le Fils et la mère se regardèrent avec une immense douleur. Ils ne se parlèrent pas de vive voix, mais Marie pria pour que quelqu’un vînt aider Jésus, qui succombait sous le fardeau  de sa Croix. C’est ainsi que Simon de Cyrène fut destiné à porter la Croix avec le Sauveur. (1368) “La Mère de douleurs s’avançaient à quelques pas du Sauveur... Elle se conformait entièrement à la divine volonté dans toutes les peines de la Passion de son adorable Fils auxquelles elle participait d’une manière si sensible...”  (1371)

Instructions de la Vierge Marie données à Marie d’Agreda

“Il y a beaucoup de gens qui disent qu’ils désirent suivre Jésus-Christ; mais le nombre de ceux qui se disposent véritablement à L’imiter est fort petit; car aussitôt que la croix des souffrances se fait sentir, on la rejette et on lui tourne le dos... (1372) Autre illusion commune: celle des personnes qui s’imaginent suivre Jésus-Christ, leur divin Maître, sans souffrir et sans agir; elles se contentent de n’être pas fort hardies à commettre les péchés, et font consister toute la perfection en une espèce de prudence ou d’amour tiède qui leur permet de ne rien refuser à leur volonté, et de se dispenser de la pratique des vertus qui sont pénibles à la chair... (1373)

“Pour vous, ma fille.., il faut que dans le cours de la vie passagère, vous trouviez votre gloire dans les persécutions, le mépris, les maladies, les outrages, la pauvreté, les humiliations, et dans tout ce qui est pénible et contraire à la chair mortelle.... Tenez pour règle générale que toutes les consolations humaines amènent des imperfections et des dangers. Vous ne devez recevoir que celles que Très-Haut vous enverra par soi-même ou par ses saints anges” (1374)

Le crucifiement

“Notre très doux Jésus arriva au Mont du Sacrifice épuisé de fatigue, couvert de sang et de plaies, et tout défiguré... Navrée de douleur, la divine Mère parvint aussi au sommet du Calvaire, et put corporellement s’approcher de son Fils... Jean et les trois Maries étaient auprès d’elle.” 1375)

Marie priait sans cesse et ne cessait d’offrir son Fils au Père, pour la Rédemption des hommes: “Acceptez, Seigneur, mon offrande, puisque je ne Vous offrirais pas autant si j’étais moi-même crucifiée.” (1376) On était à la sixième heure (environ midi). Les bourreaux, pour crucifier Jésus, Le dépouillèrent de sa tunique sans couture, et, la Lui retirant par le haut, ils y mirent tant de violence qu’ils arrachèrent la couronne d’épines réouvrant ainsi les blessures de sa tête. La couronne fut ensuite replacée sur la tête avec une cruauté inouie.

“Une des plus grandes peines de Jésus fut de se voir nu en la présence de sa bienheureuse Mère, des pieuses femmes qui l’accompagnaient, et de la multitude de peuple qui assistait à ce triste spectacle.”  (1379)

Les bourreaux préparèrent tout ce qui était nécessaire pour les crucifixions. Pendant ce temps Jésus priait toujours le Père pour tous les hommes qu’Il était venu racheter. (1380) De son côté la sainte Vierge priait avec Jésus dans les  termes qui convenaient à sa qualité de mère. (1381)

“Les bourreaux voulant marquer sur la croix les trous où ils devaient mettre les clous ordonnèrent insolemment au Créateur de l’univers de s’étendre sur la croix... Lorsque le Sauveur se leva de la croix afin qu’on y pratiquât les trous”  Marie put s’approcher pour L’aider.“Notre adorable Rédempteur n’eut point d’autre plus grande consolation dans sa Passion que de voir sa très Sainte Mère, et de considérer la beauté de son âme, et en elle, sa plus fidèle image.”  (1382) 

Quand la première main fut clouée, avec un gros clou aigu qui disloqua les os et rompit les veines et les nerfs, il fallut clouer l’autre main qui ne put arriver à sa place, parce que les trous étaient trop distants l’un de l’autre. “Alors, pour en venir à bout, ces hommes impitoyables prirent la chaîne avec laquelle Jésus avait été lié, et plaçant dans sa main une espèce de menotte qui garnissait l’un des bouts de la chaîne, ils tirèrent de l’autre bout avec tant de violence qu’ils ajustèrent la main au trou et la clouèrent. Ils passèrent ensuite aux pieds, et les ayant posés l’un sur l’autre, ils les lièrent avec la même chaîne; en les tirant avec une cruauté inouie, ils les clouèrent tous deux avec le troisième clou.”  Le corps de Jésus avait été tellement écartelé qu’on pouvait compter ses os tant ils étaient luxés, disloqués et déboîtés d’une manière sensible. (1384)

“Il n’est pas possible d’exprimer les douleurs atroces que notre Sauveur souffrit dans ce supplice... Si nous les méditons sérieusement, nous y trouverons des motifs efficaces pour abhorrer le péché et pour ne plus le commettre, puisqu’il a causé tant de souffrances à l’Auteur de la vie... Pensons aussi aux grandes douleurs qui affligeaient le corps et l’esprit de sa très pure Mère. (1385)

C’est à ce moment de son récit que Marie d’Agreda nous demande de réfléchir aux grandes douleurs qui afflgeaient aussi l’esprit et le corps de Marie. “Par elle, nous découvrons le Soleil qui nous éclaire le cœur.”  (1385)

Marie d’Agreda relate ensuite la polémique entre Pilate et les Juifs au sujet de l’inscription que portait l’écriteau, puis décrit les bouleversements qui survinrent dans la nature: obscurcissement du soleil, tremblements de terre, etc. Selon Marie d’Agreda, tout ceci se réalisa à la demande instante de Marie, afin qu’à la vue de ces prodiges, qui arrivèrent entre midi et trois heures, de nombreux cœurs soient touchés et se convertissent. (1389 et 1390)

“L”un des deux larrons, Dismas, comprit quelque chose de ce mystère, et l’intercession de la bienheureuse Vierge opérant en même temps, il fut éclairé d’une lumière intérieure qui lui fit connaître son Rédempteur et son Maître à cette parole: “Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.””  (1392)

   

 

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