CHEMIN DE SAINTETÉ

adveniat regnum tuum

.

La PASSION de JÉSUS
selon
Maria Valtorta
(1897-1961)

7
Du crucifiement à la mort de Jésus

 

Les dernières paroles

Première, deuxième et troisième paroles de Jésus sur la Croix (Chapitre 29 )

Maintenant les gens, “en commençant par les prêtres, scribes, pharisiens, sadducéens, hérodiens et autres du même acabit”  se divertissent en passant au pied de la cime sans manquer d’offrir leurs “paroles blasphématrices en hommage au Mourant. Toute la turpitude, la cruauté, la haine et la folie dont les hommes sont capables avec la langue sortent à flots de ces bouches infernales.”  Ces paroles, on les connaît: inutile donc de les rapporter ici. D’autres lancent des pierres. D’autres singent les hosannas du dimanche des Rameaux: “Maudit celui qui vient au nom du Démon. Maudit son royaume.”  Ils s’en prennent également à Lazare et à ses soeurs. Le tumulte est épouvantable. Longin donne l’ordre de chasser tous ces gens, mais le larron de gauche continue ses insultes...

L’autre larron, celui de droite, a Marie presque à ses pieds et il la regarde presque plus qu’il ne regarde Jésus. Depuis un moment il pleure en murmurant: “La mère!” Il dit à l’autre: “Tais-toi. Tu ne crains pas Dieu, même maintenant?...” Mais l’autre continue ses imprécations. Jésus se tait.” (Page 287)... Sur la croix, le visage de Jésus a déjà l’aspect que nous voyons sur les photos du linceul.

Le bon larron, Dismas, continue, à l’attention de son compagnon:”Rappelle-toi que nos mères ont pleuré à cause de leurs fils... Nos mères sont mortes... Je voudrais pouvoir lui demander pardon... C’était une sainte... Je l’ai tuée par la douleur que je lui ai donnée. Mère, au nom de ton Fils mourant, prie pour moi.” Dismas pleure plus fort, ce qui déchaîne encore  plus les moqueries de la foule.

Jésus parle pour la première fois: “Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font!”  Cette prière vainc toute crainte chez Dismas. Il ose regarder le Christ et dit: “Seigneur, souviens-Toi de moi quand Tu seras dans ton Royaume...“  

La suite est connue, mais pas la profession de foi de Dismas: “De mes péchés je me repens devant Toi, Fils du Très-Haut. Je crois que Tu viens de Dieu. Je crois en ton pouvoir. Je crois en ta miséricorde. Christ, pardonne-moi au nom de ta Mère et de ton Père très Saint.”

On sait que Dismas fut pardonné, mais l’autre persista dans ses blasphèmes. Dismas, repenti se calma et répéta, comme une oraison jaculatoire:”Jésus Nazaréen, roi des juifs, aie pitié de moi. Jésus Nazaréen, roi des juifs, j’espère en Toi. Jésus Nazaréen, roi des juifs, je crois à ta divinité.”  (Page 289)

L’Éclipse de soleil

Pendant ce temps, le ciel devient toujours plus sombre. La lumière est   verdâtre. Visages et choses prennent des aspects bizarres. Jésus, dans sa faiblesse murmure:”Maman! Maman!”   Et Marie, chaque fois Lui tend les bras, comme pour Le secourir.

“Cependant beaucoup de gens commencent à s’impressionner de la lumière qui enveloppe le monde, et certains ont peur... C’est dans cette lumière crépusculaire et effrayante que Jésus donne Jean à Marie.”

Les souffrances de Jésus et de Marie ne cessent de grandir et la lumière de décroître... “De cette lumière de fond marin sortent Nicodème et Joseph qui disent: “Écartez-vous... Nous sommes des amis du Christ.” 

Les chefs des prêtres se tournent: “Qui ose se déclarer comme ami du rebelle?”...

— Moi, noble membre du Grand Conseil: Joseph d’Arimathie, l’Ancien, et  j’ai avec moi Nicodème, chef des juifs.

— Qui pactise avec le rebelle est un rebelle.

— Et qui pactise avec les assassins est un assassin, Éléazar d’Anna. J’ai vécu en juste. Et maintenant je suis âgé et près de mourir. Je ne veux pas devenir injuste lorsque déjà le Ciel descend sur moi et avec Lui le Juge Éternel.

— Et toi Nicodème! Je m’étonne!

— Moi aussi, et d’une seule chose: qu’Israël soit tellement corrompu qu’il ne sait plus reconnaître Dieu.”

Suivent des insultes. Étant munis d’un laissez-passer signé par Pilate, Joseph et Nicodème passent et s’approchent de Jésus. “Ils Le voient et ils pleurent sans respect humain, bien que sur eux s’acharnent les imprécations des prêtres...

La lumière est désormais couleur de cendre. Seuls peuvent voir Jésus ceux qui sont au pied de la Croix. Soudain Jésus s’affaisse comme s’Il était mort et Marie pousse un cri: “Il est mort!”

— Ce n’est pas possible crient les prêtres... qui lancent une volée de pierres vers la Croix.

Jésus revient à Lui... Il recommence à respirer avec beaucoup de peine... Et vers le ciel noir, fermé, compact, bas, semblable à une énorme plaque d’ardoise sombre, Il pousse un grand cri: “Éloi! Éloi! lamma scébacténi!”... (Pages 292 et 293)

Les juifs rient... Personne ne vient du Ciel pour réconforter Jésus. C’est l’agonie solitaire, totale, cruelle, même surnaturellement cruelle, de la Grande Victime... Et c’est le tourment final... celui qui termine ce que la première connaissance de cet abandon a commencé: la mort. Car c’est de cela qu’est mort Jésus, ô Dieu qui l’as frappé à cause de nous!

L’obscurité devient encore plus épaisse... On entend la voix plaintive de Jésus: “J’ai soif!”  La suite est connue. (Page 294)

De nouveau Jésus appelle plaintivement, d’une voix à peine audible:”Maman!” Et la malheureuse murmure: “Oui, mon trésor, je suis ici.” 

Mais Jésus ne la voit plus, alors: “Maman, où es-tu? je ne te vois plus. Toi aussi tu M’abandonnes?

— Non, non Fils! Moi je ne T’abandonne pas!... Maman est ici... et son seul tourment est de ne pas pouvoir venir où Tu es...”

La mort de Jésus

“C’est un déchirement. Jean pleure sans retenue. La mort imminente fait parler Jésus comme s’Il délirait... Un silence. Puis nette dans l’obscurité totale, la parole: “Tout est accompli!” et ensuite c’est le halètement de plus en plus rauque avec, entre les râles, des intervalles de silence de plus en plus longs...

Encore un silence. Puis, prononcée avec une infinie douceur, dans une ardente prièrer, la supplication: “Père, entre tes mains Je remets mon esprit!”... Un dernier spasme, et un cri puissant, impensable en ce corps épuisé, se dégage, déchire l’air, le grand cri dont parlent les Évangiles et qui est la première partie du mot: ”Maman”... Et plus rien.  (Page 296)

Le tremblement de terre

La terre répond au Cri de Celui qu’on a tué par un grondement effrayant... Des éclairs sillonnent le ciel en tous sens... Et puis, tout à coup, pendant que durent encore les décharges de la foudre, la terre s’ébranle en un tourbillon de vent cyclonique. Le tremblement de terre et la trombe d’air se fondent pour donner un châtiment apocalyptique aux blasphémateurs. Le sommet du Golgotha ondule et danse... Par trois fois se répètent le tremblement de terre et la trombe d’air, puis c’est l’immobilité absolue d’un monde mort.”

Des juifs fuient dans tous les sens... une maison brûle à l’intérieur des murs de la ville. Trois fois Marie appelle: “Jésus! Jésus! Jésus!”

Jean a compris que tout est fini et cherche à éloigner Marie. Marie aussi a compris et crie:”Je n’ai plus de Fils!”  Elle vacille et tomberait si Jean ne la recueillait toute sur son cœur, puis il s’assoit par terre pour mieux la soutenir... jusqu’à ce que les Marie remplacent l’apôtre auprès de la Mère. Elles, en effet, ne sont plus retenues par le cercle supérieur des soldats, car, maintenant que les juifs se sont enfuis, ils se sont rassemblés sur la petite place qui est au-dessous pour commenter l’évènement.”

Les soldats parlent de la terreur des prêtres, du tremblement de terre, des effondrements et des crevasses provoquées par le séïsme, d’un autre incendie qui s’allume dans la campagne... Sur le conseil de Longin Joseph et Nicodème s’en vont chez Pilate pour réclamer le corps de Jésus. Puis Longin dit un mot à Jean, et se fait donner une lance par un soldat pendant que les femmes sont occupées autour de Marie.

“Longin se met en face du Crucifié, étudie bien le coup, et puis le donne. La large lance pénètre profondément de bas en haut, de droite à gauche... De la blessure suinte beaucoup d’eau et à peine un filet de sang qui forme déjà des grumeaux. Puis Longin dit à Jean:

— C’est fait, ami. C’est mieux ainsi. Comme à un cavalier, et sans briser les os... C’était vraiment un juste!”

Nota: Comme A. C. Émmerich, Maria Valtorta a vu la lance pénétrer dans la poitrine de Jésus de droite à gauche.

   

 

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