VOIE VERS DIEU

adveniat regnum tuum

     
 

 

Mieux connaître Marie

   
   
   
 

Paulette Leblanc

45

Heureux ceux
qui font la volonté de Dieu
 

Prenons un peu de temps pour nous recueillir avant de retrouver Marie après les noces de Cana. Dans le chapitre 11, versets 27 et 28, de son Évangile, Luc écrit: "Or, comme il parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: 'Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles qui vous ont allaité'!" Mais Jésus lui répondit: 'Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent'!"

Tout d'abord, ces paroles de Jésus nous déconcertent: ainsi Jésus semble rejeter sa Mère? Non ce n'est pas possible. Marie fut bienheureuse d'être la Mère du Sauveur. Et elle l'est toujours. D'ailleurs, dans son Magnificat, elle le dit elle-même, et elle prophétise que "tous les âges la diront bienheureuse". Donc Jésus ne veut pas sous-estimer le bonheur de Marie, bien au contraire. Jésus a une autre raison pour sembler diminuer le bonheur de sa mère. Mais lequel ?



Philippe de Champaigne - “Le sermon sur la montagne”

Jésus, le Verbe de Dieu incarné est venu sauver le monde. Mais pourquoi le sauver? Parce que l'Homme, depuis son péché, son refus d'obéir à Dieu, c'est-à-dire de faire la volonté de Dieu, était tombé dans le malheur. Dieu aimant toujours les hommes, ses créatures vivantes et intelligentes, ne voulait pas les voir rejoindre le Menteur dans son enfer, mais au contraire, les sauver. Comment Jésus, Fils du Père, sauverait-il les hommes? En leur faisant comprendre qu'il était venu "prendre sur lui le péché des hommes", de tous les hommes. Jésus devait aussi conserver aux hommes le don inestimable que Dieu leur avait fait: leur liberté. En effet, Dieu qui aimait les hommes, voulait, en retour, être d'aimé d'eux, car l'Amour exige la réciprocité. Et on ne peut aimer que si on est libre.

On ne peut aimer que si on est libre. Et Dieu veut l'amour libre des hommes, amour qui ne peut se manifester qu'en le prouvant, c'est-à-dire en faisant sa volonté. Chaque homme peut se dire:

— Dieu m'aime. En retour, je dois L'aimer, et pour bien prouver que je L'aime, je Lui obéis, je fais sa volonté, c'est-à-dire que je me garde du péché, la source de tous les maux; car la volonté de Dieu, c'est notre bonheur. Faire la volonté de Dieu, c'est être heureux.

Jésus a entendu la remarque de la femme glorifiant le bonheur de Marie, Mère de Jésus. Mais Jésus veut faire comprendre que le bonheur de Dieu est destiné à tous les hommes; aussi élargit-il la remarque de la femme à tous les hommes du monde: tous les hommes sont heureux, tous, sans exception, s'ils font la volonté de Dieu.

Dieu nous a créés pour que nous soyons heureux. Nous devrions méditer cette parole à chaque instant de notre vie. Notre monde vit dans le malheur: on ne parle que de misères, de famines, de cataclysmes, de haines, de vengeances, de guerres, ô combien de guerres! Les gens ont peur à cause des attentats et des crimes qui frappent aveuglément. Notre monde ne connaît plus la paix, nos jeunes se droguent, fument, passent trop de temps à des jeux vidéos ou à regarder des films violents ou qui glorifient les dérives du sexe. Et quand ils sont trop malheureux et qu'ils ne voient aucune issue à leurs souffrances, les gens se suicident. Pourquoi? Parce qu'ils vivent en permanence dans ce que le Seigneur leur avait formellement interdit, ils vivent dans le péché, le mal qui rend très malheureux.

Ce qui se passe de nos jours, Jésus le savait et Il voulait nous éviter tous ces malheurs. C'est pourquoi il insiste: "Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent!" Qui la gardent, et la mettent en pratique...

"Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent!" Qui sont ces "Heureux" qui écoutent la Parole de  Dieu? Dieu veut le bonheur de tous les hommes, ses créatures favorites. Adam et Ève, avant leur faute étaient immensément heureux, et Dieu était avec eux. Ce bonheur était destiné à tous les hommes, sans exception, mais les hommes ont péché, les hommes ont fait le mal et connu le malheur. Alors, le Verbe de Dieu s'est incarné, et Jésus, le Fils de Dieu, Verbe de Dieu incarné est venu les sauver tous et leur redonner le bonheur que volontairement ils avaient perdu. Comment retrouver ce bonheur? En écoutant la parole de Dieu et en la pratiquant, en faisant la volonté de Dieu. Cela c'est très clair, et la Vierge Marie en est l'exemple le plus sublime, puisque, en disant OUI à Dieu, elle est devenue la femme la plus heureuse du monde, et "tous les âges la disent bienheureuse."

Pourtant Jésus insiste: le bonheur n'est pas réservé à la seule femme qui fut sa Mère. Tous les hommes peuvent être les membres de sa famille, et cette affirmation bouscula tellement ses disciples que trois évangélistes rapportèrent la phrase qui les avait tant frappés. Ainsi, dans le chapitre 12 versets 46 à 50 de Matthieu, nous lisons: "Comme il parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler. Quelqu'un lui dit: 'Voici votre mère et vos frères qui se tiennent dehors, et ils cherchent à vous parler.' Jésus répondit à l'homme qui lui disait cela: 'Qui est ma mère et qui sont mes frères?' Et étendant la main vers ses disciples, il dit: 'Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est pour moi frère, sœur et mère'."  Marc, dans son chapitre 3, versets 31 à 35, écrit exactement la même chose. Luc est plus bref: il écrit: "Sa mère et ses frères vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. On lui annonça: 'Votre mère et vos frères se tiennent dehors, et ils désirent vous voir.' Il leur répondit: "Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique'." (Luc 8, 19 à 21)

Ainsi, Jésus est entouré d'une telle foule que quelques membres de sa famille, troublés par ce qu'on racontait sur lui, et qui étaient venus le trouver, ne peuvent approcher. On prévient Jésus qui normalement aurait dû être très heureux puisque "sa Mère" était là aussi. Mais Jésus semble renier sa famille, y compris sa Mère. Il montre tous ceux qui sont là, venus écouter sa parole et dit: "Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique'."  Ainsi nous sommes, tous et toutes, la mère et les frères et sœurs de Jésus? Oui, mais à une condition: faire partie de ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique.

Nous sommes revenus à l'exigence fondamentale: "faire la volonté de Dieu". Marie doit son bonheur à sa volonté affirmée de faire toute la volonté de son Seigneur. Et nous, nous bénéficierons du même bonheur si nous faisons la volonté de Dieu. Immédiatement nous nous demandons: quel bonheur, et quelle volonté de Dieu? La volonté de Dieu nous la trouverons dans le Décalogue (les dix commandements) que Dieu donna à Moïse, sur la montagne; le bonheur qui en résultera pour nous est résumé dans "Les Béatitudes" de Jésus. Ainsi Marie, servante du Seigneur, obéit d'abord à la Loi de Dieu avant de dire oui à une autre volonté de Dieu, une demande plus personnelle destinée à la seule Marie. Il en est de même pour nous: nous aussi nous devons obéir aux commandements de Dieu, dans les circonstances particulières qui sont celles de notre vie : nationalité, milieu social, métier, etc., circonstances particulières qui sont les expressions de la volonté de Dieu sur chacun de nous. Alors, malgré les épreuves de la vie, nous serons heureux.

Les épreuves de la vie? Même si nous vivons parfaitement les commandements de Dieu, notre bonheur n'est donc pas complet? Le Seigneur nous a-t-il caché quelque chose? Qu'est-ce que cela veut dire? Contemplons d'abord La très sainte Vierge Marie. Elle est sans tache, immaculée, elle s'est totalement donnée à Dieu et elle s'est faite la Servante du Seigneur. Elle est heureuse. L'Incarnation du Verbe de Dieu la rend encore plus heureuse et elle-même le dit à sa cousine Élisabeth: "Toutes les générations me diront bienheureuse." Le Très Haut avait en effet, fait en elle des merveilles. Alors, pourquoi Marie eut-elle tant d'épreuves à supporter, des épreuves allant jusqu'à des souffrances spirituelles indicibles que le vieillard Siméon qualifiera de glaive lui transperçant le cœur?

Ce glaive de douleurs, Marie le reçut tout au long de la vie de Jésus, mais spécialement durant sa vie publique, sa Passion et au pied de la Croix sur laquelle son Fils mourait. Qui oserait dire que Marie fut heureuse à ce moment-là? Nous sommes là devant un étrange et profond mystère: est-il possible d'être heureux dans la souffrance? Beaucoup de saints et de mystiques l'ont affirmé: oui! on peut être heureux même quand on est broyé par de grandes douleurs, si on reste uni au Seigneur, baigné dans son Amour, sachant que toute souffrance offerte à Jésus Rédempteur est comme une larme prise parmi les millions de larmes de Jésus, larme offerte au Père, pleine des mérites de Jésus pour le salut de toutes les âmes. Cela, tous les saints le savent et l'ont vécu ; certains, comme sainte Thérèse d'Avila, redemandaient même ces souffrances.

Les prophètes venus avant Jésus ont connu aussi ces souffrances, ces persécutions. Marie, en union avec son Fils, a connu en quelque sorte la "somme" des souffrances portées par tous les hommes que son Fils venait sauver, et ses souffrances, son glaive de douleurs, sont comme la totalité des souffrances et des épreuves humaines conséquences du péché.

Les souffrances des hommes sont incontestablement la conséquences de leurs péchés, mais il y a  plus. Le péché est la plus profonde blessure qui puisse exister dans le cœur d'un homme car il le coupe de Dieu, la source du bonheur. Or nous savons que toute blessure, toute plaie, quelle que soit son origine, doit être traitée, soignée, anesthésiée, pansée. Et ces soins, indispensables, sont toujours douloureux. Dans la vie d'un homme, ces soins sont les épreuves qu'il rencontre dans sa vie et elles sont indispensables à sa conversion.

Pourtant, nous récrions-nous, Marie n'avait pas péché. Certes, mais quand on aime quelqu'un on veut le rendre heureux, et si ce quelqu'un rencontre  de lourdes épreuves, on est content de pouvoir les partager avec lui pour le soulager. Et l'on acquiert ainsi ce que l'on appelle couramment les mérites. Jésus nous a mérité le ciel, par les mérites infinis de sa vie et de sa Croix. Par compassion, Marie a partagé les douleurs de Jésus, et, avec son Fils, elle a aussi partagé les douleurs du Corps mystique du Christ, son Église; nous savons que le Corps mystique du Christ est constitué de tous les hommes de tous les temps. Marie unie à son Fils a mérité cela: le partage de ses douleurs, mais aussi de ses mérites et de sa joie, car ainsi, les plaies humaines bien soignées, peuvent être cicatrisées, et les hommes peuvent retrouver Dieu et son Amour. Certains théologiens disent parfois que Marie est corédemptrice.

Pour nous, quand nous souffrons, unis au Christ, nous travaillons avec Jésus et Marie au salut des hommes. Cela aussi appartient au bonheur, mais nous n'y pensons pas.

Maintenant revenons à la source initiale du bonheur: les commandements de Dieu. Trop souvent ces commandements sont présentés comme des obligations négatives: tu ne feras pas ceci, tu ne feras pas cela. En réalité, si nous les méditons profondément, nous découvrons que les commandements de Dieu sont des conseils positifs qui tous conduisent les hommes vers la paix préparant au bonheur. C'est ce que nous allons essayer de faire, sous la conduite de Marie.

   

 

Pour toute suggestion, toute observation ou renseignement sur ce site,
adressez vos messages à :

 voiemystique@free.fr