VOIE VERS DIEU

adveniat regnum tuum

     
 

 

Mieux connaître Marie

   
   
   
 

Paulette Leblanc

12

Et Joseph ?
 

Le temps passait et le soir arriva vite. Machinalement Marie dressa la table sur laquelle elle plaça le frugal repas habituel; cependant, dans sa joie, elle y ajouta un supplément réservé d'ordinaire aux jours de fête: une salade de fruits au miel. Joseph arriva et tous les deux dînèrent comme d'habitude. Mais Joseph s'étonna en voyant la joie de Marie.

Alors Marie dit :

— Un messager est venu: notre vieille cousine Élisabeth, l'épouse de Zacharie, est enceinte, et elle en est à son sixième mois. C'est un véritable miracle! Mais vu son âge, elle doit être très fatiguée. Joseph réfléchit et dit:

— Tu devrais aller l'aider. Je connais justement quelqu'un qui doit partir pour Jérusalem dans trois jours. Je lui demanderai de te prendre dans sa petite caravane: ainsi, tu seras en sécurité.

Marie acquiesça en souriant. Joseph ne cessait de regarder Marie: il la trouvait chaque jour de plus en plus belle, mais aujourd'hui elle rayonnait... Quand le repas fut achevé, tous les deux chantèrent la louange du Seigneur et se mirent à bavarder au sujet d'Élisabeth. Soudain Joseph eut un impératif désir de prier. Il déclara :

— Je ne sais pas pourquoi; il me semble que ce soir nous devrions prier plus que d'habitude, pour rendre grâce et gloire à Dieu, pour Le bénir et L'adorer. Mon cœur est débordant de joie, de bonheur. Dieu est là, Marie, avec nous...

Joseph ne savait pas que Marie portait en elle le Verbe de Dieu, mais il sentait Dieu présent, vivant, tout près de lui. Marie sourit; son sourire la rendait incroyablement belle, magnifique. Elle accepta:

— Oui, Dieu est là, Joseph, avec nous. Nous allons Le louer, Le bénir à cause de ses bontés pour nous.

L'adoration des deux jeunes fiancés dura longtemps. Parfois ils chantaient ou récitaient des psaumes. Mais le plus souvent ils se taisaient et adoraient. La nuit passa très vite. À l'aube, Joseph sortit pour rentrer chez lui. Certes, il était fatigué, mais la nature lui sembla étonnamment belle, luxuriante, comme si elle chantait avec lui, avec son cœur. Joseph était inondé de Dieu. Quel bonheur, quand un cœur d'homme rencontre Dieu! Nous avons toujours besoin de Dieu, et quand Dieu se manifeste, alors l'homme jubile. Oui, Joseph jubilait et chantait sa joie d'être tout près de Dieu, avec Dieu...

Joseph sentait Dieu, Joseph vivait Dieu. Il ne savait pas que Dieu, préparant l'humanité de Celui qui serait le Christ, et dont lui, Joseph, serait le père adoptif, il ne savait pas que Dieu avait été présent, tout près de Lui, pendant toute cette nuit merveilleuse. Joseph avait senti la présence de Dieu, mais il ne savait pas d'où elle émanait. Joseph avait souvent besoin de Dieu. Il exerçait avec plaisir son métier de charpentier, mais au fond de son cœur il pressentait que Dieu l'appelait à une mission spéciale. C'est pourquoi il s'était rapproché des nazirs, s'était fait nazir[1] lui-même, jusqu'au vœu de chasteté perpétuelle. Car Joseph avait en permanence un étrange besoin de Dieu...


[1] Nazir ou nazirite ou nazarite, ou Nazarien qui signifie consacré ou séparé, est le nom donné aux juifs qui font vœu d'ascétisme tel que décrit dans le Livre des Nombres (ch. 6,1-21).

   

 

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