VOIE VERS DIEU

adveniat regnum tuum

     
 

 

Mieux connaître Marie

   
   
   
 

Paulette Leblanc

1

La Femme
 

Dans la Genèse, au chapitre 3, versets 14 et 15, il est écrit: "Yahweh Dieu dit au serpent: 'Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux domestiques et toutes les bêtes des champs; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie. Et je mettrai une inimitié entre toi et la Femme, entre ta postérité et sa postérité; celle-ci te meurtrira à la tête, et tu la meurtriras au talon'."

On a l'habitude de considérer cette femme annoncée par Dieu après la faute d'Adam et d'Ève, cette femme, ennemie du serpent que Dieu vient de maudire, comme la Vierge Marie, Vierge Immaculée que Dieu donnera pour Mère au Sauveur du genre humain. Ainsi, dès la plus lointaine origine, Dieu promet aux hommes le salut, en annonçant "une inimitié entre la Femme et le serpent (Satan)."

Mais le combat sera rude, et, même si la Femme l'emporte sur le serpent, celui-ci " la meurtrira au talon", c'est-à-dire lui brisera le cœur. Dès l'origine de l'homme, la Passion de Jésus et de Marie, la Passion de "la Femme et de sa postérité" est annoncée.

L'Ancien Testament ne parlera plus de cette Femme et il nous faudra attendre l'Évangile de saint Jean pour avoir deux nouvelles rencontres avec LA Femme: d'abord aux Noces de Cana (Jean 2,4) et lorsque Jésus, juste avant de mourir (Jean 19, 26) donnera son disciple Jean, présent au pied de la Croix, à sa Mère, elle aussi au pied de la Croix. Il faudra ensuite attendre l'Apocalypse pour retrouver LA Femme. Nous assisterons même à son combat contre le dragon. Le pape Jean-Paul 2 a commenté le passage de l'Apocalypse qui relate cette lutte sans merci, lutte à laquelle l'apôtre saint Jean assista.

Le pape dit:   

"L’histoire de l’Église s’accompagne de 'signes' qui sont sous les yeux de tous, mais qui demandent à être interprétés. Parmi eux, l’Apocalypse présente le 'signe grandiose' apparu dans le ciel, qui parle d’une lutte entre la Femme et le dragon.

La Femme ayant le soleil pour manteau, qui est en train d’accoucher dans la souffrance (cf. Ap 12, 1-2), peut désigner l’Israël des prophètes qui enfante le Messie, 'celui qui sera le berger de toutes les nations, les menant avec un sceptre de fer'. (Ap 12, 5; cf. Ps 2, 9) Mais elle représente aussi l’Église, peuple de la nouvelle Alliance, en proie à la persécution, mais protégée par Dieu. Le dragon est 'le serpent des origines, celui qu’on nomme Démon ou Satan, celui qui égarait le monde entier'.

Le combat est inégal: le dragon semble avoir l’avantage, tant est grande son outrecuidance face à la Femme sans défense et souffrante. En réalité, le vainqueur, c’est le fils que la Femme vient de mettre au monde. Dans ce combat, une chose est sûre: le grand dragon a déjà été vaincu, 'il fut jeté sur la terre, et ses anges avec lui'." (Ap 12, 9)

"Ceux qui l’ont vaincu, ce sont le Christ, Dieu fait homme, par sa mort et sa résurrection, et les martyrs, 'par le sang de l’Agneau et le témoignage de leur parole'. (Ap 12, 11) Et même si le dragon persiste dans son opposition, il n’y a rien à craindre, car sa défaite est déjà consommée. Telle est la certitude qui anime l’Église au long de son chemin, tandis qu’elle relit son histoire de toujours à partir de la femme et du dragon.

La Femme qui met au monde un enfant mâle nous rappelle aussi la Vierge Marie, surtout au moment où, transpercée par la souffrance au pied de la Croix, elle engendre de nouveau le Fils, comme vainqueur du prince de ce monde. Elle est confiée à Jean qui, à son tour, lui est confié (cf. Jn 19, 26-27), et elle devient ainsi la Mère de l’Église.

Jean-Paul II poursuit: 

Grâce au lien qui unit Marie à l’Église, et l’Église à Marie, le mystère de la Femme prend une clarté nouvelle: 'En effet, Marie, présente dans l’Église comme Mère du Rédempteur, participe maternellement au dur combat contre les puissances des ténèbres, combat qui se déroule à travers toute l’histoire des hommes. Et par cette identification ecclésiale avec la Femme enveloppée de soleil', (Ap 12, 1) on peut dire que l’Église, en la personne de la bienheureuse Vierge, atteint déjà la perfection qui la fait sans tache ni ride.  

En conséquence, il faut, insiste le saint Père, que "L’Église entière regarde donc Marie. Grâce aux multiples sanctuaires mariaux disséminés dans toutes les nations du continent, la dévotion à Marie est très vivante et fort répandue parmi les peuples européens. L'Église en Europe, continue à contempler Marie, et reconnaît qu’elle apporte 'sa présence et son assistance maternelles dans les problèmes multiples et complexes qui accompagnent aujourd’hui la vie des personnes, des familles et des nations', et qu’elle vient au secours 'du peuple chrétien dans la lutte incessante entre le bien et le mal, afin qu’il ne tombe pas ou, s’il est tombé, qu’il se relève'." (Transmis par facebook) 

Malgré les apparences d'aujourd'hui, le dragon est déjà vaincu par le Fils de la Femme. Cette affirmation, c'est notre espérance, car la vision de notre monde contemporain est terrifiante. Même notre Église, liée au mystère de la Femme est dangereusement attaquée. Et ce mystère de l'Église lié au mystère de la Femme est aussi, malgré notre espérance, une immense souffrance. La vue de tous ces gens qui ne connaissent plus Dieu, de tous ces petits enfants que l'on souille impunément, est difficilement supportable pour les vrais chrétiens d'aujourd'hui. Et leurs cœurs ne cessent de pleurer sur ces désastres dont nous sommes tous, hélas! plus ou moins responsables, à cause de nos péchés, car, hélas! nous sommes tous pécheurs.  

Étrange! Les chrétiens voient aujourd'hui les ruines de notre monde contemporain, ruines qui sont là, devant nous. Nous constatons que le combat du dragon contre la Femme et sa postérité est terrible. Mais nous savons que le Fils sera vainqueur. Cela, nous ne le voyons que très peu car nous vivons le mystère, mais c'est toujours notre espérance. Car le Fils est ressuscité, et toute la postérité de la Femme avec Lui. 

Et le combat doit se poursuivre jusqu'à la fin des temps...

   

 

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