CHEMIN DE SAINTETÉ

adveniat regnum tuum

Sœur Marie de Saint-Pierre
(Perrine Éluère)
1816-1848

JOURNAL SPIRITUEL

52
Sainte Thérèse d'Avila
L'Église est menacée

Apparition de sainte Thérèse

« Notre sainte mère Thérèse m’est apparue ce matin dans l’intérieur de mon âme. Elle est députée de Dieu pour combattre les ennemis de l’œuvre réparatrice, que les démons veulent dévorer. Elle m’a dit que cette œuvre serait l’honneur du Carmel, et qu’elle était bien en rapport avec l’esprit de notre sainte vocation, dont la fin est la gloire de Dieu et les besoins de l’Église ; c’est pourquoi elle m’a pressée de m’y dévouer avec ferveur. Ensuite elle m’a recommandé l’obéissance, me faisant entendre que Jésus opérait des miracles pour les âmes qui possédaient cette vertu, et qu’elle-même avait toujours soumis à l’obéissance les communications qu’elle avait reçues du Ciel. Elle m’a fait voir aussi avec quelle fidélité je devais m’acquitter de toutes mes observances religieuses, dont la moindre est très agréable au Seigneur et peut m’enrichir de mérites. Enfin j’ai compris que Dieu donnait à l’œuvre une très puissante protection en notre sainte Mère, et à moi une très douce consolation dans mes peines. Depuis lors, je me sens liée d’une manière toute spéciale à cette grande sainte, qui a eu tant de zèle pour la gloire du Très-Haut. Elle va soutenir ma faiblesse, et m’aider à marcher dans une voie épineuse. »

L’Église est menacée...

“Priez, priez!...”

« Pendant mon oraison du soir, Notre-Seigneur m’a prévenu qu’il voulait me communiquer quelque chose. J’ai plusieurs fois résisté à cette opération, parce que je craignais l’illusion; mais enfin Jésus, ayant recueilli dans son divin Cœur les puissances de mon âme, m’a dit de me rappeler que je m’étais donnée toute à Lui pour travailler à l’accomplissement de ses desseins; c’est pourquoi il voulait, dans ce jour, me confier une nouvelle mission. Bientôt il m’a fait part du terrible coup qui devait nous frapper:

— L’Église est menacée d’une horrible tempête, priez, priez...[1]

Il m’a donné cette connaissance à diverses fois, mais il n’est pas possible de rendre le touchant accent avec lequel ce charitable Sauveur me disait : Priez, priez !... Et il m’a enseigné de quelle prière je devais me servir pour garder son Église dans le saint Nom de Dieu ; c’est de celle qu’avant de quitter la terre il avait faite à son Père céleste pour ses apôtres et pour toute l’Église : “Père saint, gardez en votre Nom ceux que vous m’avez donnés.”[2] Cette prière est plus efficace que toutes les autres que j’aurais pu faire de moi-même ; et comme dans sa miséricorde il m’a choisie pour faire glorifier le très saint Nom de Dieu, j’ai droit, en quelque sorte, de demander grâce par la vertu de ce saint Nom, qui est le refuge de l’Église. J’ai reconnu mon néant, et j’ai soumis ma volonté.

Cet adorable Sauveur m’a fait entendre que sa justice était fort irritée contre les péchés des hommes, mais surtout contre les crimes qui outragent immédiatement la majesté de Dieu. A ce moment j’ai vu Notre-Seigneur au très Saint-Sacrement, et les prières des justes qui retenaient le bras de la divine justice.

Notre-Seigneur m’a recommandé aussi de prier pour le nouveau Souverain Pontife. A la fin, il m’a semblé voir comme une fumée noire qui s’élevait vers le ciel; mais le soleil n’en a pas été obscurci, ce qui m’a un peu consolée. Cette fumée était l’emblème des ennemis, et le soleil représentait l’Église.

Jésus m’a dit encore :

— Les effets que vous allez éprouver dans votre âme vous feront connaître si c’est moi qui vous ai parlé.

Et bientôt mon cœur a été comme transpercé d’un glaive de douleur. J’ai donc commencé ma mission de prières, en disant : Père saint, gardez l’Église de Jésus-Christ en la vertu de votre Nom salutaire; c’est la dernière volonté de votre Fils bien-aimé, c’est là sont désir. Souvenez-vous de la prière que vous fit son amour pour l’Église, notre Mère, le soir du dernier jour : “Père saint, gardez en votre Nom ceux que vous m’avez donnés; lorsque j’étais avec eux, je les gardais en votre Nom !” Très saint Nom de Dieu, refuge de l’Église et de la France, ayez pitié de nous, sauvez-nous !... »


[1] Cette prédiction, il est bon de le remarquer, se réalisa cette même année 1848, en France, en Italie, et particulièrement à Rome, que le Saint-Père Pie IX fut obligé de quitter pour se réfugier à Gaète.
[2] Évangile de saint Jean. Prière sacerdotale.

   

 

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