LA VOIE MYSTIQUE

adveniat regnum tuum

Sœur Marie de Saint-Pierre
(Perrine Éluère)
1816-1848

JOURNAL SPIRITUEL

32
Prier et souffrir pour la France

« ... Notre-Seigneur me pousse continuellement à prier et à souffrir pour la France.

— De même, m’a-t-il dit, que je suis chargé de tous les péchés du monde, je veux que vous vous chargiez de tous les péchés de la France. Je souffrirai en vous pour apaiser la colère de mon Père et je vous donnerai tous mes mérites pour acquitter ses dettes.

Je suis entrée dans les intentions de Notre-Seigneur et je me suis couverte de crimes. Je Lui ai demandé pardon avec la même confusion que si je les eusse commis moi-même.

Un autre jour, Notre-Seigneur m’a dit qu’Il me chargeait de la France, et comme j’avais beaucoup de peine à croire que Notre-Seigneur se servait d’un si vil instrument pour une si grande mission, alors, Il m’a dit :

— De même que dans l’ordre de ma Providence je donne tel roi à tel royaume pour son gouvernement, ne puis-je pas aussi, dans l’ordre de la grâce donner tel royaume à telle personne afin qu’elle ait soin de ses besoins spirituels?[1] C’est pour cela que je vous adjuge la France. Priez pour elle; immolez-vous pour elle. Je vous donne de nouveau mon chef pour l’offrir à mon Père, afin d’apaiser sa justice. Oh, si vous saviez quelle est sa puissante vertu, dont voici la cause: c’est que j’ai pris sur ma tête tous les péchés des hommes, afin que ses membres soient épargnés. Ainsi offrez ma Face à mon Père; c’est le moyen de l’apaiser.

Je désire l’œuvre de Réparation; soyez sûre qu’elle s’établira; mais ce fruit que vous portez n’est pas encore à sa maturation.

Dans ces communications que je reçois de Notre-Seigneur, ma Révérende Mère, je suis le conseil que vous m’avez donné de m’abandonner entre les mains de Notre-Seigneur, afin qu’Il fasse de moi ce qu’il Lui plaira. Alors Notre-Seigneur m’a de nouveau chargée de la France. J’ai répondu :

Je le veux bien, mon divin Maître, mais permettez-moi de vous dire: c’est à condition que vous en soyez le Souverain; car si votre divin Père vous voit assis sur le trône de la France, assurément, Il ne la frappera pas.

Maintenant, ma Révérende Mère, je reçois Notre-Seigneur dans toutes mes communications au nom de la France et je lui donne mon cœur pour Lui servir de trône. Ensuite je le salue et je l’adore comme Souverain, le priant de ne pas abandonner une nation qui fait des aumônes pour faire connaître son Nom dans les pays idolâtres; et tout ce que je souffre, je prie le saint Enfant-Jésus de le souffrir en moi pour apaiser son divin Père. Je le prie également de faire en moi toutes mes actions, m’unissant à ce divin Enfant avec lequel j’ai ces temps-ci une liaison toute particulière; ainsi je souffre avec Lui en attendant les moments marqués par son Père pour l’établissement de l’Œuvre de la réparation.

Sit Nomen Domini benedictum ! »

Le salut de la France

« ... J’ai reçu, malgré mon indignité, une nouvelle communication sur la Sainte-Face de Notre-Seigneur. Voici en substance ce que notre divin Sauveur m’a fait entendre :

— Ma fille, je vous prends aujourd’hui pour mon économe. Je remets de nouveau entre vos mains ma Sainte-Face, afin que vous l’offriez sans cesse à mon Père pour le salut de la France. faites valoir ce divin talent. Vous avez en lui de quoi faire toutes les affaires de ma maison. Vous obtiendrez par cette Sainte-Face le salut de beaucoup de pécheurs. Par cette offrande, rien ne vous sera refusé. Si vous saviez combien la vue de ma Face est agréable à mon Père !

Notre-Seigneur m’a donné ensuite quelques lumières pour l’avenir de la France, qui me portent à redoubler de zèle pour notre Patrie ; et je me sers du moyen que Notre-Seigneur m’a fait connaître. J’offre sans cesse au Père éternel la Face adorable de notre divin Sauveur, pour le salut de la France et pour obtenir par elle l’établissement de l’Œuvre de la Réparation. Mais je m’occupe de tout cela en paix, suivant l’impression de la grâce. »


[1] Le salut de la France avait été un des grands objectifs de sainte Thérèse d’Avila lorsqu’elle avait fondé sa Réforme et Notre-Seigneur pressait aussi la Bienheureuse Anne de Saint-Barthélemy de prier à cette intention.

   

 

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