LA VOIE MYSTIQUE

adveniat regnum tuum

Sœur Marie de Saint-Pierre
(Perrine Éluère)
1816-1848

JOURNAL SPIRITUEL

18
Voulez-vous marcher dans mes voies?

« Je vais vous rendre compte, comme vous me l’avez ordonné, de ce qui s’est passé dans mon âme depuis le 16 mars, jour où il me sembla que Notre-Seigneur me disait :

— Voulez-vous marcher dans mes voies ?

M’étant soumise à son bon plaisir, Il me donna sa croix et ses épines. Alors ce divin Époux m’a dépouillée de tout le sensible et jetée dans les ténèbres, tentations et pauvreté. L’Œuvre de la Réparation est en moi comme un feu qui me brûle et qui me fait plus ou moins souffrir comme il plaît au bon Dieu. Dans toutes mes prières je ne cesse de demander au Seigneur qu’Il daigne sauver la France et établir dans toutes les villes du royaume son œuvre de réparation et susciter des hommes apostoliques pour cette fin.

Vous voyez bien, mon doux Jésus, que je ne peux rien faire pour cette œuvre, pauvre et misérable créature; veillez donc faire passer dans le cœur de celui qui peut vous rendre service en cette œuvre tout ce que je souffre !

Le jour que j’étais députée pour faire la communion de voeu au Sacré-Cœur de Jésus, Notre-Seigneur voulut bien, par pitié pour ma faiblesse, me donner un peu de consolation. Il me fit sentir sa présence, enleva mon âme et la perdit en Lui pendant près de deux heures. Alors, dans ce calme si délicieux, je crus entendre sa douce voix qui me disait à peu près ces paroles :

— Mon enfant, courage et confiance; gravez ces paroles dans votre cœur. Oh ! si vous saviez le profit pour votre âme qui souffre ces peines, vous me remercieriez de vous les avoir données. Je viens pour vous visiter, mais non pour rester avec vous d’une manière sensible. Vous boirez le calice ; mais consolez-vous ; quoique vous ne me verrez point, je ne serai pas loin de vous, car je tiendrai ce calice pendant que vous le boirez. Après cette épreuve, je vous ferai goûter mes consolations. Vous avez bien mérité ces peines par vos infidélités ; cependant, ce n’est pas pour m’en venger : ce n’est que par bonté que je vous donne ces souffrances.

Alors je pris la liberté de demander à Notre-Seigneur si la couronne que je Lui faisais pour glorifier son Nom et honorer des mystères Lui était agréable. Il me dit :

— Tout ce qu’on fait pour ma gloire est pour moi délicieux.

Il m’engagea à faire cet exercice quand je serais dans l’impuissance de faire mon oraison.

Après ces deux heures de consolation, je suis retournée dans mon état de souffrance.

Quelque temps, Notre-Seigneur me fit sentir qu’Il fallait que j’aie recours à sa sainte Enfance, dont je portais un écoulement des peines qu’Il portait alors; car Il avait un grand désir de travailler à la gloire de son Père et cependant, Il souffrait l’infirmité et l’impuissance de l’enfance. Il attendait en silence les heures marquées par la volonté de son Père. Depuis cette inspiration, je suis toute appliquée à Jésus Enfant. Je remets entre ses mains l’Œuvre de la Réparation et à son intention, j’attendrai en silence les moments de Dieu, ne voulant que sa sainte Volonté. »  [1]


[1] Lettre du 6 juin 1884.

   

 

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