LA VOIE MYSTIQUE

adveniat regnum tuum

Sœur Marie de Saint-Pierre
(Perrine Éluère)
1816-1848

JOURNAL SPIRITUEL

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Il faut écrire à l'Archevêque

« ... Notre-Seigneur désire, mais d’un très vif désir, que cette œuvre s’établisse, comme Il me l’a fait connaître, car son divin Cœur ne désire que la miséricorde.

Notre-Seigneur applique toujours mon âme à la réparation et à compatir à la douleur de son divin Cœur à la vue des outrages faits à son divin Père et à son Épouse, la sainte Église, par les blasphèmes et les impies. Il me semble entendre ce divin Jésus du fond du tabernacle, nous adresser ces paroles :

— Oh ! vous qui êtes mes amis et mes fidèles enfants, voyez s’il est une douleur semblable à la mienne ! Mon divin Père et son Épouse, la sainte Église, l’objet des délices de mon Cœur sont méprisés, outragés par mes ennemis. Ne se lèvera-t-il don une personne pour me consoler en défendant la gloire de mon Père et de son Épouse attaquée ? Je ne peux plus rester au milieu de ce peuple ingrat. Voyez les torrents de larmes qui coulent de mes yeux. Ne trouverai-je personne pour les essuyer en faisant réparation d’honneur à la gloire de mon Père et en demandant pardon pour les coupables ?

Voilà, ma Révérende Mère, les sentiments que Dieu met en mon âme et qui lui font éprouver cette peine intérieure que le Cœur de Jésus glorieux ne peut plus ressentir.

Voici encore une autre pensée qui fait grande impression sur mon cœur: si un roi est méprisé par une puissance étrangère, ou seulement son ambassadeur, tout de suite on court aux armes : il faut venger l’honneur du prince. On lève des troues; on compte pour peu de chose la mort d’un grand nombre de soldats. Et voilà que le Nom Saint et terrible du Dieu des armées, du Roi des rois, est blasphémé, méprisé, et son jour profané par une infinité de pécheurs ; et on ne s’en met pas en peine, on n’y pense pas ! Mais voilà Notre-Seigneur Jésus, l’envoyé, le divin Fils du Dieu des batailles, le divin ambassadeur du royaume du ciel, qui demande réparation d’honneur pour son divin Père, ou qui nous déclare la guerre et menace la France de sa colère. Avons-nous à balancer dans notre choix ? Puisque Dieu a inspiré au Souverain Pontife d’engager les fidèles à former des associations pour réparer les blasphèmes, dans le même mois que Notre-Seigneur nous a communiqué cette dévotion, je vous prie, très humblement, ma Révérende Mère, de prier Monseigneur l’Archevêque de vouloir bien s’en occuper.

Veuillez, s’il vous plaît, lui donner connaissance de tout ce qui s’est passé d’extraordinaire dans mon âme depuis la fête de saint Louis, roi de France, au sujet de la Réparation. Notre-Seigneur lui donnera lumière pour connaître sa volonté en cette œuvre. Si vous voulez bien, ma Révérende Mère, examiner avec Monsieur le Supérieur s’il n’est point contre l’humilité que j’écrive à Sa Grandeur comme j’en ai le désir, j’en sollicite très humblement la permission. Alors, j’aurai fait tout ce qui aura été en mon pouvoir pour l’accomplissement de l’œuvre de la Réparation, qui m’a été révélée malgré mon indignité. Mais je n’écrirai à Sa Grandeur que quand je sentirai mon âme sous l’empire de la grâce, car je ne veux pas me servir de mon propre esprit, qui n’est capable de rien. Je servirai seulement de plume à Notre-Seigneur, si je peux m’exprimer ainsi” ». [1]


[1] Lettre du 25 février 1844.

   

 

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