CHEMIN DE SAINTETÉ

adveniat regnum tuum

Madeleine de Saint-Joseph
Première prieure française
du premier monastère des Carmélites
Déchaussées en France
1578-1637

1

Rencontre de Bérulle et de Mme de Fontaines-Maran. — L'entretien de sept heures. — Madeleine de Saint-Joseph et les destinées du Carmel français. — Les reines et leur suite. — L'apostolat des carmélites. —  Séduction particulière du Carmel. — Richelieu et le siège de la Rochelle. ― « La vie de Sœur Catherine de Jésus ». — Mérites singuliers de ce livre. — « Le grand des grands », et l'apothéose de la « petitesse ». — Vocation de Catherine de Jésus. — Étapes de son ascension mystique. — Dépossession de soi-même. — Les tentations. — Suprême décence. — Correspondance de Catherine de Jésus avec Bérulle. ― Originalité de Marguerite Acarie. — Aucune auréole. — « Une manière d'agir extrêmement libre ». — La carmélite idéale. — L'hôtel Acarie. — Sainteté précoce. — Indépendance. — Marguerite, Quintanadoine et Bérulle. — « Simplifiez votre esprit. » — Le Maître intérieur et les directeurs. — La mort de Bérulle. — Les écrits de Marguerite du Saint-Sacrement. — « Ne vous redressez point tant. » — Encore le siège de la Rochelle. — Illusion probable de Bérulle. — Lettres de Marguerite pendant le siège. — Philippe-Emmanuel de Gondi. — Prophéties. — Mlle de Chantal au parloir de la rue Chapon. — Congé donné aux deux reines. — Les coliques du Miserere. — « Sans mines, sans façons, sans grimaces. » — Les primaires de la mystique et le charme du Carmel.

*****

Étant venu à Tours, pendant le carême de 1603, pour y traiter avec les bénédictins de Marmoutiers, de qui dépendait le prieuré de Notre-Dame-des-Champs, désiré pour le futur carmel, M. de Bérulle fit une rencontre qui ne devait pas avoir de moins splendides conséquences que la fameuse rencontre de l'année suivante, 16o4, entre François de Sales et la baronne de Chantal. Aux environs de Tours vivait alors « un grand homme de bien. Antoine du Bois, seigneur de Fontaines (du Plessis-Barbe, de Maran en Touraine, et d'autres lieux) avait été autrefois ambassadeur en Flandre ; mais, depuis bien des années déjà, d'accord avec sa femme Marie Prudhomme, sœur de la chancelière de Sillery, il avait renoncé à la politique La charge de secrétaire d'État que lui offrait avec insistance Henri III, n'avait point ébranlé sa résolution. Retiré dans sa terre de Fontaines, il y donnait le rare exemple d'une vie toute consacrée à Dieu et au soulagement des pauvres. La mort de Mme de Fontaines avait redoublé son amour pour la solitude et il ne quittait plus sa terre que pour venir à Tours aux grandes époques de la vie ecclésiastique. Les prédications du Carême l'y avaient attiré. Il y a des instincts de grâce comme de nature. M. de Bérulle... dès qu'il fut instruit de sa présence, vint le chercher en son hôtel, il trouva auprès de lui sa fille, Madeleine.

« Mlle de Fontaines (née à Paris, le 17 mai 1578, près de l'hôtel de Guise et dans la maison du président de Saint-Mesmin) avait alors vingt-deux ans Douée... d'un jugement solide, d'un esprit vraiment grand... “La belle enfant ! disaient en la voyant les amis de son père, mais qu'elle est donc rêveuse !” Elle ne rêvait pas, elle pensait. Sa pensée avait même dès lors un caractère frappant de virilité et d'originalité puissantes. Ferme sans roideur, digne sans fierté, d'une vivacité qui tempérait sa douceur, avec un visage qui exprimait fidèlement la mâle beauté de son âme, elle avait reçu du ciel une de ces natures rares où la délicatesse se marie à la force, et qui semblent nées pour exercer et faire aimer le commandement. Sur un fonds si riche, la grâce avait travaillé en liberté, et son ouvrage était vraiment admirable »[1].

Ainsi parle l'historien de Bérulle, à qui je laisse d'autant plus volontiers la parole que j'ai personnellement plus de peine à me représenter la Mère Madeleine. Avec Mme Acarie, celle-ci est, à n'en pas douter, la plus haute gloire de notre Carmel. Les Espagnoles et les Françaises, une foule de contemporains insignes par leur intelligence et leur vertu, s'accordent à nous la représenter comme une seconde Thérèse. Tous ceux qui lisent sa vie, disait un grand jésuite de ce temps-là, « sont frappés de trouver entre la grande réformatrice et sa fille de France tant de conformité de grâce et d'esprit », qu'il semble que ce soit « une même eau, puisée en même fontaine et mise en deux vaisseaux »[2]. Tous disent de même et une telle unanimité ne laisse aucun doute sur l'unique beauté de cette femme extraordinaire. Aussi bien n'en suis-je pas tout à fait réduit à ne faire sur elle qu'un acte de foi. Sous le voile assez épais qui nous la dérobe, on entrevoit des merveilles de nature et de grâce, la sainteté la plus attachante. Mais elle n'a pas beaucoup écrit et les lettres que je connais d'elle, paraissent moins révélatrices qu'on ne le voudrait. Et puis sa vie a été composée par un écrivain d'un rare mérite — le P. Senault — mais éloquent, balsacien, académique, en un mot trop peu curieux de ces touches concrètes qui donnent la vie à une peinture. Quoi qu'il en soit, la Mère Madeleine nous reste infiniment précieuse. Bien que l'Église ne l'ait encore placée qu'au rang des Vénérables, du fond du cœur, nous l'appelons sainte.

« Il est entre les âmes, continue l'abbé Houssaye, des parentés mystérieuses plus profondes et plus anciennes que la connaissance qu'elles en peuvent avoir et qui au moment voulu de Dieu, se déclarent tout à coup. M. de Bérulle et Mlle de Fontaines se voyaient pour la première fois; et cependant, à peine avaient-ils échangé quelques mots, que leurs âmes se reconnurent. Elles sentirent de quels liens étroits elles furent unies dans la charité de Jésus-Christ. Une confiance mutuelle leur ouvrit le cœur. Leur premier entretien dura sept heures, et ils étaient tellement absorbés que, bien qu'ils fussent dans une salle où passaient plusieurs personnes, rien ne fut capable d'interrompre leur conversation »[3]. Dès cette rencontre mémorable, la vocation de la jeune fille était décidée. Mme de Fontaines serait carmélite.

Elle prit l'habit, l'une des premières (novembre 16o4). Un an après, on la jugeait déjà tellement pénétrée de l'esprit de l'Ordre qu'on la faisait maîtresse des novices. S'ils n'avaient pas eu de tels sujets sous la main, les supérieurs auraient moins facilement consenti au départ des espagnoles. Élue prieure en 16o8 ; fondatrice en 1617 du second carmel parisien, celui de la rue Chapon[4] ; depuis et jusqu'à sa mort en 1637, presque toujours à la tête de l'un ou de l'autre couvent, elle ne quittera plus Paris que pour de courtes missions en province. De ce poste plus en vue, écoutée comme un oracle, non seulement par les religieuses, mais encore par les supérieurs et notamment par Bérulle, Madeleine exercera sur les destinées du Carmel français une influence prépondérante et décisive. Il n'est pas vrai, comme on l'a dit, qu'elle ait marqué de son empreinte personnelle et plus ou moins modifié les traditions primitives ; mais il est certain qu'elle a travaillé avec plus d'efficacité et plus d'éclat que personne, à maintenir, à répandre chez nous, soit parmi les carmélites elles-mêmes, soit au dehors, le véritable esprit de sainte Thérèse.

Marillac l'avait bien prévu. Le Carmel serait aisément dans Paris, d'abord une rare curiosité, puis un foyer de grâces. Écrivant à Bérulle, alors en Espagne et insistant sur la nécessité de bien choisir les religieuses espagnoles, « Vous savez, disait-il, quels esprits il faut pour les esprits des nôtres qui vaquent à la dévotion ; quels esprits pour les mondains... car celles qui viendront auront à parler au Roi, à la Reine et tout le monde les voudra venir voir »[5]. Mondains et dévots seraient également attirés par les carmélites françaises. « Elles avaient laissé trop de traces de leur passage dans le monde, ces grandes et aimables religieuses, pour qu'il les oubliât si vite. Il sentait trop d'instinct le besoin qu'il avait d'elles, pour ne pas essayer de les ressaisir ; et les moyens ne lui manquaient pas. Quelque rigoureuse, en effet, que fût la clôture, il fallait bien que la porte s'ouvrît devant la Reine, et la Reine, n'entrait pas seule : des dames d'honneur l'accompagnaient toujours. Le réfectoire et sa rigoureuse abstinence; les cellules et leur austère nudité ; sur les murs, des sentences qui ne parlent que de pénitence, de mort, d'éternité ; dans les cloîtres, des religieuses, toujours en silence, les seules heures de récréation exceptées, s'avançant gravement, sans bruit... quelle étrange vision pour des jeunes femmes, esclaves de leurs caprices et du monde !.. Et lorsque, sur l'ordre de la prieure, se détachant du groupe de ses compagnes, quelque religieuse... soulevant son voile noir, montrait à la Reine, amaigris peut-être, mais transfigurés, les traits que la Cour avait admirés en une Charlotte de Sancy, une Anne de Viole, une Marie d'Hannivel, on comprend ce que devaient ressentir des femmes qui, encore esclaves du monde, découvraient « une vie si sereine et si libre, libre de la souveraine liberté »[6], chez celles qui l'avaient sacrifiée. Ainsi, par les mains de ces humbles religieuses, l'Évangile... était dressé au milieu de la société et la société s'habituait à ce spectacle... Les âmes mondaines s'inclinaient devant la doctrine du sacrifice, en la voyant pratiquer par des femmes dont la haute raison et l’incorruptible sincérité leur étaient connues. Elles sentaient diminuer leur crainte en découvrant les joies austères, mais incomparables que les épouses de Jésus-Christ goûtaient au pied de la Croix...

« A la Reine et à ses dames, il fallait répondre : il fallait, à la grille, gagner les parents des jeunes filles au cœur desquelles Dieu avait parlé. Toutes, sans doute, ne profitaient pas aussitôt de ces graves et pénétrantes instructions. Lorsque Scieur Catherine de Jésus, s'adressant à une des jeunes et brillantes suivantes de la Reine, lui disait : “Que vous sert-il, Madame, d'être belle aux yeux de vous-même et de ne l'être pas aux yeux de la divine Majesté ?” elle n'était peut-être pas immédiatement écoutée. Néanmoins la semence était jetée et, tôt ou tard, elle portait ses fruits. Aussi, lorsque venait pour ces femmes, entraînées par l'âge et le plaisir, l'heure des désenchantements, des amertumes secrètes, elles se rappelaient tout à coup qu'elles avaient un refuge, la pénitence ; des guides, les carmélites.

Il y avait d'ailleurs, chez les filles de sainte Thérèse..., à côté d'élans célestes, d'un zèle généreux et hardi, d'un détachement héroïque, je ne sais quoi de raisonnable, d'ordonné; une charité intelligente et suave, qui rassurait ceux que des vertus si hautes auraient pu effrayer ou décourager... Les femmes qui venaient frapper à la porte (du Carmel)... y trouvaient donc des religieuses mortes au monde, vivantes cependant à toutes les nobles choses qui font vibrer la raison et le cœur. Séduites par une vertu si haute, des idées si larges, tant de liberté d'esprit et d'aimable enjouement, elles accouraient de plus en plus nombreuses ; et, au sortir du monastère, elles se sentaient décidées à lutter contre elles-mêmes, à donner à Dieu la victoire.

C'est ainsi que le Carmel travaillait doucement dans l'ombre, mais profondément, à enraciner Jésus-Christ dans les cœurs. Il ne s'adressait pas à la foule, mais à des âmes préparées par la douleur ou pressées par la charité, toujours prévenues par des glaces de choix. Par elles, par ce groupe restreint qui dans la noblesse, dans la magistrature et même dans la finance, fréquentait ses couvents, le Carmel opérait une grande œuvre »[7].

Malgré leur élégance un peu molle, ces belles pages de l'abbé Houssaye peignent assez exactement le Carmel de ce temps-là dans ses rapports avec le monde. Je ne saurais faire mieux. Aussi bien, qui pourrait analyser la séduction particulière qui se dégage d'un couvent de carmélites ? Charme unique, ceux à qui il a été donné de l'éprouver, essaieraient en vain de le définir. Ils diront seulement que nulle cloche de monastère n'est plus attirante, nulle grille moins farouche. Un enfant et tout frivole, peut être déjà sensible à cette impression qu'il s'étonnera plus tard de retrouver aussi vive, aussi fraîche qu'au premier jour, et plus lumineuse. Sourd à d'autres voix plus impérieuses, rebelle à des disciplines moins humaines, après quelques minutes d'entretien avec ces femmes qu'on ne voit pas, il déposera ses colères, son orgueil, l'amertume de ses déceptions éternelles, ses doutes même et les plus tenaces, livrée de misère qu'il reprendra bientôt sans doute, mais légère désormais et comme transfigurée. A cette Église dont les titres lui semblaient incertains, le Carmel reste soumis ; ce monde invisible, qui pour lui n'allait plus être qu'un mot, est pour ces créatures de chair et de sang, la réalité suprême. Il s'écrie, il chante avec l'un des pères de l'humanisme : brûlés de l'amour de trouver l'amour, nous avons cherché l'amour, nous l'avons trouvé : amore incensi inveniendi Amoris, Amorem quaesivimus et invenimus[8].

C'étaient aussi de bonnes, d'ardentes Françaises, passionnément occupées des intérêts même temporels du royaume. « Les affaires publiques, nous dit le biographe de Madeleine, lui étaient en une si particulière considération qu'elle était toujours en prières et en pénitences pendant les guerres de ce royaume... Ayant su que les Anglais devaient descendre dans l'île de Ré, le jour de sainte Madeleine, elle passa toute la nuit précédente avec sa communauté, devant le Très Saint-Sacrement, et fit apporter le tableau de cette grande sainte, afin qu'elle fût l'avocate de la France »[9]. Intervention toute mystique, mais que les politiques ne craignaient pas alors de faire entrer dans leurs propres calculs. Homme du moyen âge plus qu'on ne croirait, Richelieu pressait les carmélites, non seulement de prier pour ses entreprises, mais encore de lui révéler les secrets de Dieu. Dans une lettre du 16 novembre 1627, Bérulle « lui promettait au nom d'une personne qu'il ne nommait pas — la Mère Marguerite du Saint-Sacrement — une nouvelle défaite des Anglais, et finalement le triomphe ». Dès le 23 novembre, Richelieu demandait la date de la victoire et consultait sur les moyens de la précipiter. “On continue à prier et à bien espérer — (on, c'est le Carmel), lui répondit M. de Bérulle, et, à mon avis, le temps de l'accomplissement n'est pas long. Ces choses ne peuvent être bien spécifiées... la puissance de Dieu est sur cet œuvre aussi bien que sur celui qui est passé et que vous tenez évidemment miraculeux”... Mais Richelieu, avec la persévérance impérieuse des génies de sa trempe, revenait à la charge ; il voulait connaître à l'avance le jour où La Rochelle lui ouvrirait ses portes »[10]. II lui aurait fallu des prophétesses d'État.

Son mysticisme n'est pas des plus nobles. A sa manière simpliste, Richelieu, néanmoins, s'incline, comme tout Paris, devant le prestige du Carmel ; il sait que, dans ces maisons de prière, habite la force de Dieu.

II. Sans l'avoir certes voulu, la Mère Madeleine a laissé paraître la sublimité de ses dons surnaturels, la sagesse et la douceur de sa direction et jusqu'à la vivacité de son esprit, dans un petit livre qui ne porte pas son nom, mais que seule pouvait écrire une sainte de génie. C'est la vie d'une de ses carmélites, Catherine de Jésus, publiée en 1631 « par le commandement de la Reine, mère du Roi », et magistralement préfacée par le cardinal de Bérulle. Plusieurs fois réédité pendant le XVIIe siècle, ce livre est rapidement tombé dans l'oubli, comme tant d'autres merveilles. Je ne crois pas en effet que jamais les mystères de la haute mystique aient été présentés d'une façon plus heureuse. Les notes intimes de Catherine de Jésus longuement citées, le récit et les rapides explications qu'il entraîne, sont d'une simplicité et d'une sincérité célestes ; les deux styles, d'une transparence inouïe. Pas une goutte de cette onction huileuse, douceâtre, qui nous gêne trop souvent dans les livres de ce genre, pas un soupçon de rhétorique dévote. Rien qui réponde mieux à l'idée que les maîtres nous ont donnée de la perfection. « Veux-tu donc voir, Philothée, écrit le docteur de Sorbonne qui a approuvé le livre, une carmélite, toute blanche d'innocence, dépouillée de tout ce qui n'est pas Dieu, pour vivre immobilement en lui, transmuée en pur esprit... perdue et abîmée dans l'Éternité incréée, à force de sortir d'elle-même et d'entrer en des unions surcélestes et suressentielles, lis à loisir ce recueil des papiers intimes de la Mère Catherine de Jésus... Je soussigné, continue-t-il avec un enthousiasme et une précision qui lui font grand honneur, moi, Docteur en la Faculté de Théologie, et professeur des Saintes-Lettres, aux Écoles de Sorbonne, que l'on ne peut parler des mouvements sacrés de l'Esprit de Dieu, des voies occultes et inscrutables qu'il découvre aux âmes d'élite, des mystérieux entretiens de l'Époux et de l'Épouse du Cantique..., plus catholiquement, plus éminemment et avec un style plus net, plus intelligible et plus convenable à la dignité du sujet, que ce petit miracle de grâce... Quant à l'extrait de sa vie... il est vraiment de l'une de ses sœurs ; mais en le lisant à loisir et en y ayant repensé par plusieurs actes de réflexion, j'ai cru y avoir trouvé la plume et l'esprit de la défunte »[11]. C'est bien cela et mieux encore. Madeleine n'aurait pas si admirablement compris et décrit la grâce de Catherine, si elle n'avait reçu elle aussi la même grâce ou de plus hautes faveurs.

Un peu redondante et laborieuse, la préface de Bérulle — une épître à la Reine-mère, — est néanmoins digne du livre.

Le Grand des grands a fait les grands et les petits, ce dit la Sapience divine... Je parle à Votre Majesté de la petitesse, en l'honneur de cette petite âme, dont la vie vous est dédiée...

Cette petite âme avait rencontré un corps très au-dessous de la taille moyenne. La reine le savait bien.

Il y a un lieu où il semble que le Fils de Dieu veut établir le triomphe de la petitesse et confondre l'orgueil de la terre et du ciel. C'est en saint Luc, 9, complexus illum... statuit ilium secus se. Il semble en cette action que le Fils de Dieu veut, à la vue du ciel et de la terre, loger la petitesse en son sein comme dans le trône de son amour, et en cette liaison douce, tendre et familière, prononcer ses oracles en faveur de la petitesse et lui assujettir les plus grands de son empire.

C'est chose grande et douce de voir Jésus, où repose la plénitude de la divinité et de la sapience éternelle, en cet état; de le voir joint à ce petit enfant et de voir cet enfant joint à Jésus ; enfant heureux d'être en un si bon lieu et si proche du cœur où repose et triomphe la Trinité même ! Mais si cette pensée est douce et grande, le sens où elle conduit est fort et sévère, l'effet en est puissant et la fin semble étrange. Car Jésus, par son action et sa parole, abaisse non seulement les grands de la terre, ce serait peu, mais les grands même de son état divin et céleste. Il prononce cet arrêt épouvantable, et cette négative formidable : Nisi efficiamini sicut PARVULI, non intrabitis in regnum caelorum. Cet oracle nous doit épouvanter et ce spectacle nous doit tirer les larmes des yeux, fondre l'orgueil dans la douceur de Jésus, et abaisser les plus hauts cèdres du Liban pour jamais, et les mettre aux pieds de Jésus et des petits de Jésus sur la terre.

Ce ne sont pas là des mots. Cèdre du Liban lui-même, Bérulle, fondateur de l'Oratoire, confident de deux reines, chef d'un grand parti politique, Bérulle s'est mis aux pieds de cette chétive créature dont il préface la vie. Directeur de Catherine de Jésus, il a toujours approché la jeune voyante, avec une vénération profonde, persuadé que « le Grand des grands » était en elle et tous les trésors de la « Sapience divine ». Ce qu'il a entrevu d'elle, dit-il, est trop beau pour que les mots humains

puissent le rendre et ce que l'auteur en rapporte « est beaucoup inférieur à la grâce de cette âme ». Ce qui reste en son esprit de ses relations avec Catherine de Jésus « est beaucoup plus haut et plus élevé que ce qui est ici représenté »[12]. Ce peu toutefois le dépasse lui-même. Il n'aurait pas su l'écrire, au lieu que les mystères de cette existence perdue en Dieu paraissent à la Mère Madeleine aussi limpides, j'allais dire, aussi naturels que la lumière du jour. Je n'ai écrit de ces merveilles, dit-elle, « que l'ombre de ce que j'en sais »[13].

Catherine de Jésus — nous ne lui connaissons pas d'autre nom, — était née à Bordeaux, le 5 avril 1589. Vers « l'âge de sept ou huit ans, trouvant un livre de sainte Catherine de Sienne, elle y lut et y reçut les premiers touchements de la grâce... Elle sentit en elle un effet de la divine Majesté, l'attirant à le chercher et à fuir les hommes ; en sorte que, prenant à la lettre, selon son innocence, cette fuite des hommes, elle ne sortit plus de son logis que pour aller à l'église... ne voulant plus que son maître à écrire lui tînt la main ». Les pénitences qu'elle fit dès lors « l'empêchèrent tellement de croître et la rendirent si faible qu'elle en est demeurée toute sa vie fort petite »[14]. Visiblement prédestinée à une vie suréminente, les religieux qui la dirigeaient pensaient à l'envoyer chez les feuillantines, lorsqu'un cousin de Bérulle, M. de Gourgues, plus tard premier président au Parlement de Bordeaux, « lui fit obtenir une place » au Carmel du faubourg Saint-Jacques. Elle arrive à Paris en août 1606, fait chez Mme Acarie un stage assez court, pendant lequel on la confie aux soins du P. Coton ; enfin elle prend l'habit sans avoir apporté « aucune dot de religion, étant pourvue de biens beaucoup plus recommandables »[15]. La Mère Madeleine venait d'être nommée prieure du Grand carmel et lorsque, quatre ans plus tard, elle alla fonder le couvent de la rue Chapon, elle prit Catherine de Jésus avec elle. Leur intimité de tous les jours ne cessera qu'à la mort de cette dernière, en 1623.

La jeune carmélite avait eu, de bonne heure, la vue, mais très vague, de ce que Dieu lui préparait : « Durant quelques années, elle disait : je me jette en Dieu, comme en un abîme profond, pour faire de moi des choses qui semblent n'avoir point de limites ni de fin ». Et, dans une note qu'elle écrivait, au seuil, pour ainsi parler, de la zone mystique :

Perte en Dieu, lequel doit être ma suffisance. Dieu m'est sagesse; Dieu m'est science ; Dieu m'est puissance. Il me suffit que Dieu est suffisant à lui-même[16].

A 20 ou 21 ans, pendant les fêtes de Noël, elle ressenti  une grande « occupation de Dieu ». « Elle ne se souvenait point d'être en la terre, quoiqu'elle fît toutes les actions communes et ordinaires, mais pensait être au ciel et fut fort étonnée quand elle se vit parmi nous »[17]. Elle ne reprenait que pour peu de temps cette vie que « l'homme-animal » appelle réelle. A 22 ans, continue la Mère Madeleine qui a suivi de ses yeux les étapes de cette ascension, « Dieu la fit changer de voie et l'éleva en une vie intérieure si grande et si particulière que l'on n'en peut dire que peu de choses, parce que les plus grandes en étaient cachées, Dieu ne voulant pas découvrir au monde les secrets qu'il met dans ses saints... Je dirai donc qu'en ce temps, Jésus-Christ... l'attira à soi et prit possession d'elle, la marquant de sa marque, pour la faire être à lui, dès ce moment, pour son éternité. Et ce que je dis qu'elle fut marquée de sa marque, ce sont les propres termes qu'elle me dit, et je ne puis pas exprimer ce qu'était cela, sinon que c'était un effet de Dieu en l'âme, qui lui était montré en qualité de marque ,eu de cachet, imprimé au plus intime d'elle-même, comme une chose arrêtée et assurée à sa divine Majesté. Et cet effet fut opéré par Jésus, comme enfant, lequel la prit à lui pour appartenir au mystère de son enfance, entre les autres choses qui sont en lui... Il prit donc possession de cette âme et selon que je puis juger, il demeura en elle par présence et par opération, jusqu'au dernier soupir de sa vie »[18].

Union merveilleuse avec Dieu au plus intime de l'âme, mais par l'intermédiaire du Christ, ainsi le veut la mystique catholique et particulièrement la mystique thérésienne ; « union opérée a par Jésus comme enfant », ainsi le veut la mystique du XVIIe siècle, et particulièrement celle de Bérulle, comme nous le montrerons plus tard. Autre particularité de la même époque : sainte Madeleine, « la Madeleine séraphine » comme disait Catherine de Jésus, leur paraît, après la sainte Vierge, l'exemplaire le plus achevé de cette union. Parlant de l'instant de la conversion de la Madeleine :

O instant ! s'écriait-elle, je ne puis me lasser de te nommer et admirer, tant tu es aimable !... Jésus navra de son amour cette sainte âme en un instant. 0 qu'est-ce qu'elle vit et sentit! o quels effets ! Car étant à l'heure quasi hors de soi, sans entendement, sans langue et sans sentiment, ô comme elle demeura toute occupée en Jésus !

et s'adressant à la sainte :

Au même instant que vous ouïtes les paroles de Jésus-Christ, l'amour vous priva de vous-même et Jésus-Christ en prit possession[19].

Tous les mots, « occuper » par exemple, ont ici leur plein sens et plus que leur sens. La jeune extatique s'expliquait « comme elle pouvait et avec très grande difficulté pour l'ordinaire et en termes fort brefs, et de peu de paroles, mais pleines de sens et d'élévation très grande et très sainte »[20]. Puis-je ajouter une remarque frivole ? Des deux femmes, ce n'est pas Mme de Fontaines, c'est l'humble bordelaise qui écrit le mieux. Également lucides, la seconde me ravit par la densité lumineuse et les rythmes souples de ces notes qu'elle n'a certainement rédigées que pour elle-même[21]. Quoi qu'il en soit, elles ont, l'une et l'autre, à décrire l'ineffable, je veux dire ce long et persévérant travail qui vide les âmes d'elles-mêmes et qui les remplit de Dieu.

Elle écrivait dans un de « ces billets : “Je porte un effet de Dieu si pénétratif et si grand qu'il consomme mon âme et mon esprit”, Dieu voulant détruire en elle ce qui était d'elle-même., pour faire des effets cachés et divins, en sorte que cette pauvre âme ne se voyait plus, ni les opérations de Dieu en elle, si ce n'était lorsque cet esprit qui habitait en elle, au lieu du sien, lui donnait quelque peu de relâche pour se connaître et Dieu en elle. Dieu avait dessein de cacher cette âme à elle-même et aux autres, au moins pour la plus grande partie des choses qui se sont passées en elle »[22]. Peu de lumière, mais assez pour qu'elle pressente ou devine ou entrevoie les merveilles de cette vie ténébreuse.

Il me semble qu'étant en cet état, Dieu prit tout mon esprit, et le tira à soi, afin que je n'entendisse pas quelque chose de très particulier que Dieu voulait opérer en moi[23].

Qu'a-t-elle besoin d'en savoir davantage ? « Si je voyais ce qui se passe en moi, disait-elle, je serais divisée et il ne le faut pas, mais tout occupée en souffrance et en amour »[24].

Je sens que toutes les puissances de mon âme sont hors de leurs opérations et sont occupées, sans que je connaisse cette opération, et cela me prive de tout désir et mémoire d'aucune chose ; mais il me semble que parmi toutes ces impuissances, je comprends une grande chose, et encore, de ce que je comprends, il en demeure bien peu, pour ce que, l'opération s'augmentant, ce qui s'opère en moi se fait en moi et sans que je le voie. De moi, je ne puis penser ni dire comme je suis. Je me trouve sans désir du ciel et de la terre, tellement que je ne puis opérer aucune chose, et quelquefois je me trouve parlant de quelque chose, qu'en l'intérieur, j'en suis bien éloignée[25].

Et sans doute, ces beaux textes n'apprennent rien de proprement nouveau à ceux qui ont étudié les œuvres de Catherine de Gènes, de Thérèse, de Jean de la Croix.

Aurions-nous présenté la grâce de Catherine de Jésus comme exceptionnelle ? Non, c'est, à un degré qu'il nous est impossible de fixer, la grâce commune de ces êtres d'exception. Tous les vrais mystiques se reconnaîtraient dans ces claires confidences. Mais cette expérience, toujours ancienne et toujours nouvelle, d'une part, Catherine la décrit avec la simplicité des enfants, ce qui donne à ses « petits papiers » une je ne sais quelle couleur particulière de réalité ; d'autre part, elle se borne à dire ses impressions telles qu'elle les éprouve et qu'elle tâche de les comprendre, sans rien nous communiquer des pensées ni des émotions qui précèdent ou qui suivent son ravissement.

« On a trouvé un petit papier écrit de sa main où il y a ces paroles “je vois que mon âme doit être réduite à n'avoir qu'un consentement au regard de Dieu”. Elle voulait dire : je vois que tout doit être anéanti en moi, excepté un acte de consentir au vouloir de Dieu... Et bien souvent, elle recommençait plusieurs fois une même chose sans la pouvoir achever, disant un mot sans pouvoir dire le second ou le troisième. Et ainsi cette âme parlait et agissait selon qu'il plaisait à Dieu qu'elle fit, ou plutôt lui de faire en elle, car cette divine Majesté avait pris un si grand pouvoir sur elle qu'il ne lui restait rien d'elle dont elle pût user, selon le cours et l'usage ordinaire que nous avons de nous-mêmes. Et elle disait fort souvent : je n'ai plus rien à moi, je ne suis plus à moi, une puissance au-dessus de moi me possède et me tient toute »[26].

« Cette bonne Sœur eut un jour un effet de Dieu si puissant qu'il la forçait de parler, en sorte qu'elle fut une heure dans le jardin, sous une treille, marchant toujours et disant ces paroles : Dieu met en moi sa puissance ; Dieu met en moi sa puissance ; Dieu met en moi sa sapience et sa science; recommençant continuellement les mêmes paroles, et se passant en elle de grands effets, lesquels elle ne put jamais dire. Même lorsqu'elle rapporta cela à la Mère Prieure (Madeleine), ce fut avec quelque étonnement de ce que cela voulait dire, disant qu'elle avait fait tout ce qu'elle avait pu pour s'empêcher de cette action, mais qu'il n'avait pas été en sa puissance. Ce qui témoigne que l'éminence de cette grâce lui était en partie couverte, afin qu'elle demeurât dans l'humiliation et dans l'ignorance en laquelle on est dans cette vie »[27].

Pour que ce vide fût encore plus complet et plus douloureux, après l'avoir dépossédée d'elle-même, Dieu semblait encore, par moments, vouloir la déposséder de lui.

« Il lui imprimait quelque chose du délaissement du Père éternel qu'il porta en la croix... Cela faisait en elle un effet si grand et si extrême qu'elle croyait retourner au néant, exprimant sa peine, tantôt par le nom d'anéantissement, mais plus ordinairement par celui de privation, lui semblant que Dieu lui faisait porter un retirement de lui qui lui était insupportable, non pas qu'elle vit que Dieu se retirait d'elle par la grâce nécessaire à salut, ni par aucune sorte de grâce, mais c'était une manière de privation dont Dieu usait sur elle, par une sorte d'épreuve et de souffrance,... laquelle ne se peut pas expliquer... et n'en peut-on donner aucune raison, sinon que celui qui est tout-puissant, l'a voulu et l'a fait ainsi »[28].

Le Père de famille, disait-elle, renverse toute la maison pour trouver la drachme et Dieu renverse l'intérieur de sa créature pour trouver son âme qui est enveloppée et perdue en elle-même et en ses opérations[29].

« Pour ce qui est des tentations de l'esprit malin, reprend la Mère Madeleine qui dose son récit avec une maîtrise absolue, j'en dirai quelque chose, selon ce qu'il plaira à Dieu de m'en donner mémoire et que je verrai à propos d'écrire, sachant que les choses qui se passent dans les âmes de Dieu ne doivent pour la plupart être connues que dans le ciel ». Que de maux n'aurait-on pas empêchés si l'on avait toujours imité cette discrétion royale ! « Il plut à Dieu faire voir à cette âme, par plusieurs fois, les peines des enfers... II lui est arrivé d'en être si épouvantée et étonnée qu'elle en perdait la connaissance, l'espace de deux heures, pendant lesquelles elle n'entendait, ne voyait ni sentait aucune chose, demeurant couchée -par terre au lieu où elle se trouvait. Et cela néanmoins, ne lui est jamais arrivé que lorsqu'elle était seule, ou quelquefois avec la Mère prieure, ou une autre sœur au plus. Et sur ce sujet, il s'est passé tant de choses... que cela ne se doit ni ne se peut dire, ni jusqu'où Dieu avait permis aux esprits malins de la travailler »[30]. Souveraine décence de ces lignes ! Hélas, combien d'autres n'auraient ils pas appuyé complaisamment sur ces pénibles tableaux !

Elle tenait peu de place dans le couvent, mais on l'aimait bien. « Sa façon était si dévote que toutes les religieuses prenaient plaisir d'être auprès d'elle, et à la voir, encore qu'elle ne leur dit mot, car bien souvent, elle ne pouvait pas parler ». Lorsqu'elle se mêlait un peu à l'entretien, elle s'exprimait « si naïvement et d'une façon si douce qu'il semblait que l'on oyait parler un petit ange »[31]. D'autant plus chétive à ses propres yeux qu'elle était davantage « privée » d'elle-même, elle avait « une très grande charité pour les œuvres de Dieu ». « Un jour, du temps de ces dernières guerres contre les hérétiques rebelles, Dieu lui montra qu'il la chargeait des besoins de la France et qu'il voulait qu'elle prît cela sur elle, ce qu'elle accepta et dit à Notre-Seigneur : Bien, mon Dieu, j'aurai soin de la France et de votre peuple, et vous aurez soin de moi. — Et en effet, tout le temps que les affaires de la guerre durèrent, elle dit à la Mère prieure qu'elle n'avait rien demandé à Dieu pour elle, et elle était en un soin de l'état des affaires tout ainsi que si elle n'eût rien eu autre chose dans l'esprit. Et demandait souvent à la Mère prieure : comment est-ce que tout va ? A-t-on pris une telle ville ou fait quelque avance ? »[32]

Je vois, disait-elle, une plénitude de Dieu en toutes choses, jusques à un petit fourmi, qui fait que mon âme est portée à rendre un honneur à Dieu en tout lieu et en toute chose[33].

Elle ne s'absorbait pas à contempler le divin travail qui se poursuivait en elle, « n'étant nullement attachée à ces choses-là » et ayant docilement remis le soin de son intérieur à ceux qui avaient charge de la diriger. Elle découvrait ingénument les secrets de son âme, soit à Bérulle, soit à la Mère Madeleine, « mais, l'on n'y faisait rien que suivre ce que Dieu y mettait »[34]. Avec Bérulle, les confidences étaient plus difficiles. Elle lui écrivait un jour :

Je me trouve toute interdite et avec crainte lorsque je vous parle, je ne sais si vous ne vous en êtes point aperçu. Cela m'étrange et me retient. Je vous donne ma volonté pour la donner à Dieu[35].

Elle est plus libre, la plume à la main. A certains jours néanmoins, toute communication lui est impossible.

Je suis si captive que je ne saurais écrire un mot, sinon pour vous dire que je vous ai désiré aujourd'hui ici, à cause de la facilité que j'ai eue pour parler de Dieu, ce qui m'arrive assez peu souvent, étant d'ordinaire dans une grande privation et impuissance. Je ne sais où je suis ni ne désire le savoir, si Dieu ne le veut... J'ai essayé souvent de vous écrire ce qui nous a été impossible[36].

Le « nous » que les usages du Carmel préfèrent à l'orgueil du « je », embarrasse un peu cette spontanéité naïve.

Ne craignez, s'il vous plait, que nos petits maux nous ôtent le souvenir de vous devant Dieu. Je m'oublierais plutôt moi-même., je vous supplie de le croire, et que votre âme nous est chère devant lui[37].

Je vous suis tant obligée que je ne sais comme le reconnaître, sinon m'appliquant à Dieu pour vous[38].

On ne goûte pas toujours les écrits de certains mystiques, même très grands, mais celle-ci est d'une simplicité et d'une gentillesse charmantes. Bérulle lui ayant proposé ses propres scrupules :

Le bon Jésus, lui répond-elle, a déjà oublié tout ce en quoi vous pourriez craindre avoir manqué et je m'offre à lui pour en porter la pénitence pour vous[39].

Ou encore :

Ne soyez point en peine pour les endormissements que vous avez. Cela n'est rien. Je m'en ressens aussi quelquefois[40].


[1] Houssaye, I, pp. 272,  273.

[2] Mémoire..., II, p. 598.

[3] Houssaye, I, p. 274.

[4] Ainsi, moins de quinze ans après l'introduction de l'Ordre en France, chacune des deux rives de la Seine, chacun des deux grands centres de la vie parisienne, avaient leur carmel. Le premier, celui du Faubourg Saint-Jacques s'appelait indifféremment : Monastère de l'Incarnation, Grand Couvent, Grandes Carmélites ; le second, celui de la rue Chapon : Monastère de la Mère de Dieu ou Petit Couvent.

[5] Houssaye, I, p. 513.

[6] M. Houssaye cite ici une ligne de Montalembert, Moines d'Occident, introduction, p. LXXXI.

[7] Houssaye, I, pp. 513-517.

[8] Marsile Ficin, cité par Barton. Anatomie de la mélancolie, sect. III, préface.

[9] La vie de la Mère Madeleine de Saint-Joseph, par un prêtre de l'Oratoire, Paris, 1645, p. 240.

[10] Houssaye, III, pp. 273, 274.

[11] La vie de Soeur Catherine de Jésus, avec un recueil de ses lettres et vieux écrits.. Paris, 1631. Je cite l'édition de 1631 qui est la troisième, la première est de 1628.

[12] La vie de Sœur Catherine de Jésus... épître.

[13] Ib., p. 66.

[14] La vie..., pp. 3, 4.

[15] Ib., p. 20.

[16] Ib., pp. 23, 24.

[17] La vie..., p. 4o.

[18] Ib., pp. 45-47.

[19] La vie..., pp. 36, 37.

[20] Ib., pp. 67, 68.

[21] D'après un érudit qui, d'ordinaire, ne parle pas à l'aventure, si la vie de la Mère Catherine « est de la Mère Madeleine..., l'ordre et le style sont de Nicolas le Fèvre, sieur de Lézeau, conseiller d'État » et grand ami du Carmel. Cf. Notes inédites de Mercier de Saint-Léger, Bertrand, Mélanges de biographie et d'histoire, p. 356. Il est d'ailleurs possible, mais je ne crois pas que Lézeau ait beaucoup retouché la prose de S. Catherine.

[22] La vie..., p. 49.

[23] Ib., p. 58.

[24] Ib., pp. 52, 53.

[25] Ib., pp. 65, 66.

[26] La vie..., pp. 67, 68.

[27] La vie..., p. 147.

[28] Ib., pp. 107, 1o8.

[29] Ib., p. 146.

[30] La vie..., pp. 54, 55.

[31] Ib., p. 98.

[32] La vie... pp. 90, 91.

[33] Ib., p. 116.

[34] Ib., p. 109.

[35] Ib., pp. 173, 173. La Mère Madeleine ne nomme pas le destinataire des lettres qu'elle publie, mais j'ai l'intime persuasion que la plupart sont adressées à Bérulle.

[36] La Vie.., p. 202.

[37] Ib., pp. 226, 227.

[38] Ib., p. 186.

[39] Ib., p. 182.

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