LA VOIE MYSTIQUE

adveniat regnum tuum

Troisième LETTRE

“Soigne ton amour !”

 

R., le 20 juin 2003
 

Mon ami, tu me demandes de commenter pour toi quelques “passages” de l’Apocalypse… Ne sais-tu donc pas que ce Livre est le plus “hermétique” du Nouveau Testament, le plus difficile à commenter ?

J’espère que l’Esprit Saint aura pitié de mon ignorance et qu’il viendra à mon secours.

Mon frère, lors de l’une des premières fois que je me suis adressé à toi, je t’ai parlé de conversion, aujourd’hui je continuerai de te parler de ce que Jésus attends de toi, car la conversion du cœur a besoin d’un cœur à cœur avec le Seigneur, besoin d’aide et de conseils, aussi bien que d’avertissements.

Dans le livre de l’Apocalypse, au chapitre 2, saint Jean écrit de la part du Seigneur :

« Je connais tes œuvres, ton labeur et ta patience » (Ap. 2, 2) tout comme il sait également « que tu ne peux supporter les méchant s; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs ; que tu as de la patience, que tu as eu à supporter pour mon nom, et que tu ne t'es point lassé » (Ap. 2, 2-3).

Si ces paroles t’étaient directement adressés, tu serais, mon ami un heureux homme…

Mais, tu n’as peut-être pas toujours été ce que le Seigneur attendait de toi ; tu n’as peut-être pas toujours été attentif à son “inspiration”, à ses desseins sur toi, c’est pourquoi le Seigneur t’adresse aussi un reproche, non pas pour te décourager, mais pour te prévenir, pour te remettre sur la bonne route, celle-là même qui conduit vers Lui. Écoute ce qu’écrit l’Apôtre que Jésus aimait :

« J'ai contre toi que tu t'es relâché de ton premier amour » (Ap. 2,4).

Mais ce n’est pas tout, écoute encore : « Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi et reviens à tes premières œuvres » (Ap. 2, 5).

Le Seigneur pourrait encore te dire, ou te rappeler qu’il est mort pour toi, mort pour que tu sois sauvé. Alors, fais des efforts et reviens au Seigneur ton Dieu si tu t’en es éloigné. Lute, jour après jour, comme si chaque jour était ton dernier, mais ne te laisse par surprendre par le découragement ni par l’abandon : n’oublie pas que tu t’es offert à Dieu et qu’il a probablement accepté ton offrande.

Mon ami, que ton offrande soit chaque jour davantage comme un perpétuel acte d’amour. Persévère, car ta récompense est au bout du chemin : le Ciel s’est ouvert devant toi ; va de l’avant et entres-y.

Frère bien-aimé, Jésus t’aime et, parce qu’il t’aime il veut que nous tous, nous ses enfants, nous partagions son bonheur, sa joie, l’amour de son Père. Voilà pourquoi il te dit encore :

― « Que celui qui a des oreilles entende ce que dit l'Esprit ! » (Ap. 2, 7)

Oui, mon frère, il faut écouter et comprendre son appel, car solennellement le Seigneur te promet par la bouche de son Apôtre bien-aimé : « celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu » (Ap. 2, 7).

Dans cette attente, soigne ton amour afin qu’il ne devienne pas, vis-à-vis du Seigneur ton Dieu une routine et finisse par s’affadir. Et, si tu ne sais pas combien tu l’aimes, ni comment tu l’aimes, Jésus le sait, c’est pourquoi il insiste et te dis : « Soigne ton amour !” »

N’oublie jamais, mon ami, que les conseils du Seigneur sont des conseils sages, alors, mets-les en pratique et écoute-les toujours.

Oh ! bien sûr, tu me diras que tu n’entends pas les paroles du Seigneur… En es-tu sûr ? Ne t’est-il jamais arrivé de penser ceci, par exemple :

“Il y a tellement de monde qui ne suit pas les enseignements de l’Église, donc les enseignements de Jésus ! Comment peuvent-ils faire ? Et ceux qui font semblant de les suivre et qui, pour des raisons que j’ignore, semblent pires que des athées !...”

Penser cela est un peu manquer de charité, il est vrai, mais nous tous, nous avons à un moment ou à un autre ce genre de raisonnement… oubliant souvent, il est vrai aussi, quelle a été notre misère et dans quel état nous nous trouvions quand le Seigneur, par une grâce spéciale dont Lui seul a le secret…

Il est bon, mon frère, de méditer sur la Miséricorde infinie de Dieu, de le remercier pour les bienfaits dont il nous comble et également de prier pour nos frères qui se trouvent dans la même ornière que avant l’appel bienveillant du Seigneur.

Il faut se rappeler également que le Seigneur qui aime tous ces enfants d’un amour exclusif, peut aussi faire pour eux ce qu’il a fait pour toi, pour moi et tant d’autres ; voila pourquoi nous devons les aimer et prier ardemment pour eux.

Si maintenant tu voles de tes propres ailes vers les prairies du Seigneur, c’est parce qu’il t’a comblé de grâces, alors que tu étais — que nous étions — de grands pécheurs et que nous le sommes encore. Prions afin de ne pas retomber dans le néant et dans l’éloignement du vrai Chemin, celui qui conduit à la vie éternelle bienheureuse.

N’oublions donc jamais, car cela nous stimulera à être meilleurs, ce que le Seigneur a promis à ceux qui l’aiment : « Je leur donnerai à manger de l'arbre de vie. »

Mon ami, as-tu remarqué combien le Seigneur est bon ? As-tu remarqué combien sa miséricorde infinie ? As-tu remarqué combien grand est son amour ?

« J’ai oublié tes péchés », nous dit-il avec amour et tendresse.

Sais-tu pourquoi il les a oubliés ? Parce que tu les as confessés et que ton repentir était sincère, parce que ton désir de ne plus l’offenser était lui aussi sincère et véhément : ne plus offenser Dieu !

Écoute ce que le Seigneur pourrait susurrer au fond de ton cœur :

― « Je veux, mon fils que tu te repentes et que ton repentir soit sincère, que tu ais une sincère douleur de tes péchés ainsi que des péchés de tes frères, comme s’ils étaient les tiens, mais, pour cela aussi tu as besoin de mon aide, car sans moi tu ne peux rien. Alors, prie, prie pour tes frères afin qu’eux aussi se repentent, afin qu’eux aussi m’aiment et, dans mon infinie Miséricorde, j’oublierai leurs péchés. Offre-toi, mon enfant, offre-toi pour les péchés du monde et console mon Cœur si délaissé et si offensé… Prie, prie-moi pour tes frères de la terre, afin que tous, sans exception, soient sauvés, afin qu’à tous, tous, mon enfant, je puisse donner à manger de l’arbre de la vie ! »

Voilà, mon ami, les paroles que j’avais envie de te dire aujourd’hui. Je t’en supplie, suis le conseil de Jésus : « Soigne ton amour » !

Ton ami dévoué.

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