LA VOIE MYSTIQUE

adveniat regnum tuum

Première partie

La vie de Saint Jean Bosco

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D’autres missions pour don Bosco

5-1-De nouvelles œuvres

Parallèlement aux énormes travaux dont nous venons de parler, don Bosco imaginait et mettait en œuvre d’autres apostolats. Ainsi, à partir de Noël 1849, don Bosco organisa des retraites dans l’Église de la Confrérie de la Miséricorde, pour accueillir, le matin à 5h30, pendant l’heure du déjeuner, et le soir à partir de 19 heures, des retraites de huit jours destinées aux jeunes qui y accouraient par centaines. Puis on vit les membres de l’Oratoire de don Bosco se multiplier auprès des malades et des morts lors de l’épidémie de choléra en 1854. (2500 cas dont 1400 suivis de mort). Il n’y eut pas un seul malade parmi les jeunes de l’Oratoire: Marie veillait.

Don Bosco continuait à s’occuper des prisonniers et il réussit un jour ce véritable miracle: avec l’autorisation du ministre de l’intérieur, Urbain Rattazzi, un anticlérical notoire, il fit sortir de la prison, promena et divertit une journée entière, sans surveillance et en toute liberté, un groupe de jeunes condamnés à qui il voulait donner un “jour de vacances”.  Le soir, pas un ne manquait à l’appel.

Don Bosco prêchait aussi: des retraites, des neuvaines, des triduums, etc. Don bosco évangélisait, rassurait les gens, et lorsque c’était nécessaire, il y avait des miracles, comme celui que nous allons raconter maintenant.

5-2-Un “miracle météorologique”

Don Bosco prêchait le triduum de l’Assomption, à Montamagno en 1864. La région souffrait d’une sécheresse catastrophique.  Alors don Bosco promit la venue de la pluie si les gens invoquaient la Sainte Vierge, s’ils assistaient au triduum, s’ils se confessaient bien pour préparer la fête. L’église n’avait jamais vu auparavant une telle affluence... Naturellement il y avait des rieurs, et dans les localités voisines les paris allaient bon train: “Pleuvra? Pleuvra pas?”

À ceux qui l’interrogeaient sur la venue de la pluie, don Bosco répondait inlassablement:

— Purifiez vos cœurs.

Enfin l’Assomption arriva et le soleil était toujours aussi implacable.  Durant la journée, Don Bosco jetait de temps en temps un œil vers le ciel et se demandait bien comment il allait prêcher, le soir, aux vêpres. Le fiasco semblait complet: qu’allait-il faire?

— Jean, dit bientôt Bosco au sacristain, va voir derrière le château, et regarde si rien ne pointe à l’horizon.

— Rien, absolument rien, rapporta le sacristain quatre minutes plus tard; Juste un tout petit nuage au loin, mais sans importance.

En se dirigeant vers sa chaire, don Bosco priait intensément :

— Voyons, très sainte Vierge, c’est votre honneur qui est en jeu maintenant. Que vont dire ceux qui depuis trois jours se moquent de vous? Et que penseront tous ceux qui sont venus se confesser avec confiance?

Don Bosco monta en chaire: l’église était pleine à craquer. On récita un Ave Maria et don Bosco allait commencer son exorde quand le ciel s’obscurcit soudain. Quelques minutes après on entendit un formidable coup de tonnerre, puis d’autres, et enfin vint une forte pluie. Après le salut du Saint-Sacrement la pluie tombait toujours, et la foule dut attendre un bon bout de temps avant de pouvoir rentrer chez elle. La Sainte Vierge ne fait jamais rien à moitié... Quelle action de grâces !

5-3-Don Bosco écrivain

Nous sommes au milieu du 19ème siècle. Un fort vent d’anticléricalisme soufflait sur le Piémont; d’autre part, la secte protestante vaudoise manifestait un prosélytisme dangereux; et la presse répandait à flots ces idées destructrices sur les âmes peu éclairées et peu soutenues. Que faire ? Don Bosco décida de fonder une Bibliothèque catholique (1844) et commença cette œuvre en écrivant la biographie de celui qui fut son meilleur ami, Luis Comollo. Puis il se jeta dans la polémique en réfutant, point par point, les erreurs des Vaudois. Ces Lectures Catholiques, bimensuelles, se répandirent rapidement et le nombre des abonnés atteignit vite le chiffre étonnant pour l’époque, de 14000.

Puis, don Bosco lança un almanach, le premier almanach catholique d’Europe. Et les œuvres se succédèrent, allant du Système métrique,  aux petites pièces de théâtre, en passant par des productions religieuses: petits traités de doctrine chrétienne et vies de saints, destinées à l’éducation de ses enfants. L’œuvre était prodigieuse, mais malheureusement elle fut insuffisamment exploitée!

En 1861 don Bosco put ouvrir, dans sa maison, un atelier d’imprimerie encore rudimentaire, qui se modernisera plus tard. Il avait compris l’importance que prendrait la presse: “La presse, ça presse,” disait-il souvent en suscitant des talents et des vocations d’écrivains. Il avoua un jour, en 1883, à l’abbé Ratti[1], professeur au grand séminaire de Milan, “qu’il voulait être à l’avant-garde du progrès.”

Comment don Bosco réussissait-il à mener de front toutes ces tâches? Mystère! Tout ce qu’on sait c’est qu’il dormait peu...


[1] L’Abbé Ratti devint plus tard le pape Pie XI

 

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