LA VOIE MYSTIQUE

adveniat regnum tuum

Père Charles de Condren
(15 décembre 1588-7 janvier 1641)

 

Disciple bien-aimé de Bérulle,
fondateur de l’Oratoire de France
et Père spirituel de Monsieur Olier

“Sans contredit la plus belle lumière de son siècle et même de plusieurs autres...” (J.J.Olier)

Préliminaires-Avertissement

Le Père de Condren n’a rien publié de son vivant [1]. Les citations qui seront rapportées ci-dessous, proviennent, soit de conférences, de prédications, de conseils divers, que ses disciples ont précieusement recueillis et conservés, et dont beaucoup ont été cités par Claude Pouillard, soit de documents trouvés sur Internet.

Le contexte historique

Quand naît Charles de Condren en 1588, l’Église de France, en plein désarroi, a besoin d’insuffler à son clergé des réformes profondes, tant l’ignorance est grande, et la pratique des vertus, délaissée... Il y a déjà un quart de siècle que le Concile de Trente a publié ses conclusions sur la nécessité de mettre en œuvre des réformes profondes. Seules l’Italie, avec Philippe Néri et Charles Borromée, et l’Espagne avec Jean de la Croix, ont déjà entrepris cet immense travail.

Est-il possible d’évangéliser sans rencontrer l’épreuve, le sacrifice? Il ne semble pas, et la doctrine du Père de Condren, en accord avec son temps, sera tout entière basée sur cette évidence: “Il faut que les âmes que Dieu a consacrées à Jésus-Christ crucifié... ne cherchent qu’à se sacrifier à Dieu.[2]

L’École Française

L’École française se situe à une époque comparable à la nôtre sur le plan spirituel, mais avec la différence que l’on n’avait pas peur des mots, et qu’on osait appeler un chat: un chat. Les mots de Charles de Condren sont souvent durs à entendre pour des gens du XXIème siècle, mais quand on a dépassé le stade de la surprise, et qu’on a essayé de revenir au sens exact des vocabulaires employés, on découve un mystique étonnant, dont l’amour pour Jésus, relativement pudique, — ou du moins présenté tel par Claude Pouillard, l’auteur du livre Le Père de Condren, Le mystique de l’Oratoire —, est au moins aussi brûlant que l’amour des plus grands mystiques canonisés par l’Église.

Le livre de Claude Pouillard Le Père de Condren, Le mystique de l’Oratoire, réalisé à partir de documents dont beaucoup, nous l’avons dit plus haut, ne sont pas encore publiés, présente Charles de Condren avec une précision chirurgicale, comme si l’auteur avait craint de présenter un grand mystique. Il faut dire que de nos jours, on n’aime pas parler des mystiques. C’est peut-être dommage!  Mais lorsqu’on prend la peine de lire entre les lignes, alors, quel émerveillement !

La doctrine du Père de Condren

Le grand mot de Charles de Condren, c’est le sacrifice, l’état sacrificiel. Pour lui, tout est rapporté au sacrifice du Christ, et ceux qui aiment Jésus sont inévitablement invités à vivre dans l’état de sacrifice, en commençant pas la pénitence et l’ascèse, jusqu’à la destruction. Mots bien austères pour nous! Pourtant, le Père de Condren a vécu pour lui-même, et a conseillé à ses dirigés, l’esprit d’enfance, absolument comparable à celui préconisé par Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, et cela, dans un grand amour de la Sainte Vierge. Mais pour Charles de Condren, l’esprit d’enfance se situe aussi dans un état sacrificiel.

Pour Charles de Condren l’oraison est obligatoire: c’est elle qui nous conduira à l’union à Dieu, mais par un chemin qu’il faut d’abord décrypter pour le bien comprendre. Ainsi, il faut aller jusqu’à l’adhérence, et l’appropriation pour atteindre le pur amour.

De même, toujours selon le Père de Condren, l’oraison conduit celui qui aime Jésus à l’adhérence. L’âme colle à Jésus, est entée sur le Christ. Jésus s’approprie l’âme tout comme l’âme s’approprie Jésus, et l’âme se transforme en Jésus. Jésus consomme l’âme et l’âme consomme la chair du Christ. Le sang de l’âme est le sang de Jésus, et c’est ce sang qui irrigue le Corps mystique dans lequel l’âme se trouve. Jésus s’est approprié l’âme et la consomme jusqu’à la détruire, en la consumant dans le brasier ardent de l’Amour.

L’âme est détruite, transformée en Jésus, mais ne disparaît pas, ne se fond pas dans un grand tout vague et impersonnel: elle vivra éternellement à sa place, dans le Corps mystique du Christ.

La vie du Père Charles de Condren
(1588-1641)

1
L’enfance et la jeunesse du Père de Condren

Dès sa naissance, à Vaubuin, près de Soissons, le 15 décembre 1588, Charles de Condren fut un enfant fragile. En le portant dans son sein, sa mère l’avait déjà consacré à Dieu, mais son père, d’une très noble famille, et gouverneur du château royal de Monceaux,  souhaitait cependant qu’il apprît le métier des armes. Toutefois les prières, la vie d’oraison de Charles, et la maladie finirent par avoir raison des résistances familiales.

En effet, son père avait eu l’intention de le faire servir d’abord à Calais puis en Hollande. Charles dont l’unique ambition était de travailler pour Dieu dans l’Église, demanda au moins comme une grâce d’aller en Hongrie pour y combattre les Turcs, et y faire servir le métier des armes à la gloire de Dieu et à la défense de la religion.

Une maladie soudaine et grave vint rendre à Charles la liberté de sa vocation. Naguère si courroucé contre un fils dont les pensées pieuses se refusaient à la recherche de tout avancement temporel, Mr de Condren se trouva frappé au cœur par le danger auquel son fils fut bientôt réduit. En peu de jours, la maladie avait fait de graves progrès et les médecins ne savaient quoi faire. C’est alors que le malade, subitement inspiré, fait dire à son père, puisqu’il est sur le point d’aller à Dieu pour jamais, “qu’il le supplie de vouloir bien devenir lui-même son sacrificateur, ajoutant que si son père lui permet de se faire prêtre, Dieu aussi lui accordera la vie.”

Ce langage étrange, sortant des lèvres d’un mourant, triompha des réticences de Mr de Condren qui donna son consentement. Une amélioration sensible se produisit immédiatement dans l’état du malade. Quelques jours après, il quittait le lit, et peu après, commençait à suivre, à la Sorbonne[3], les leçons de deux docteurs illustres du temps, André Duval et Philippe de Gamache.

Dès lors, Charles poursuivit des études brillantes[4]. À l’âge de vingt trois ans, il est professeur de philosophie au collège du Plessis. Deux ans plus tard, il est ordonné prêtre, le 27 septembre 1614, après une longue séparation du monde: il s’était retiré à la campagne dans une solitude profonde, pendant un an entier, méditant sur la grandeur du sacerdoce, sur les obligations attachées à ce saint état et, par-dessus tout, sur la plus glorieuse et la plus redoutable des prérogatives du prêtre: le pouvoir de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ et de continuer à l’autel l’immolation du Calvaire. Charles voulait faire de son sacerdoce “un état permanent d’holocauste.”

Par obéissance, Charles de Condren revint à Paris, et tout en continuant ses travaux théologiques, sut donner libre carrière à son zèle. Plusieurs missions prêchées avec fruit dans diverses paroisses[5] témoignèrent à la fois de son talent pour la parole et de sa volonté d’évangéliser.

Le Cardinal de Bérulle avait remarqué ce jeune prêtre intelligent, dévoué et pieux. Après une retraite prêchée par Bérulle lui-même[6], Charles de Condren, à vingt neuf ans, entra au noviciat de l’Oratoire le 17 juin 1617 et prit l’habit de la congrégation le 25 novembre suivant. Il fut rapidement chargé de missions délicates[7]: fondations de maisons à Nevers, à Langres, à Poitiers, et à Paris. Il devint également le confesseur de Gaston d’Orléans!...

2
Le successeur de Bérulle

2-1-Les assemblées générales

Le 20 octobre 1629, le Cardinal de Bérulle décédait. Dix jours plus tard, Charles de Condren était élu supérieur général de l’Oratoire. Seule l’obéissance avait réussi à lui faire accepter cette charge, mais comme une croix.

Responsable de l’Oratoire, le Père de Condren saisit immédiatement les rênes de l'administration. Son premier soin fut de préparer la tenue de la première assemblée générale. Trois raisons le portaient à ne pas la différer:

– D'abord, le désir de recueillir ce qui nous pouvait rester des enseignements et des exemples du fondateur, et de confirmer son esprit dans la Congrégation. Charles de Condren déclara dès la première session: “Tant qu'il a plu à Dieu de nous conserver notre très honoré Père fondateur, il nous a été comme une arche vivante, dans laquelle nous devions rechercher les volontés de Dieu sur nous, et comme l'oracle duquel la Congrégation recevait ses lois et sa conduite. Mais l'ayant retiré à soi, nous avons eu sujet de désirer de nous voir tous ensemble, afin de nous...”

– En second lieu, la rédaction des constitutions de l’Oratoire. Bérulle avait quitté les siens, leur léguant non un code de constitutions, mais de simples usages et quelques règles en vue des cas les plus pressants. L'Institut était maintenant assez développé pour qu'il devînt indispensable de préciser ses premières traditions; or le Père de Condren ne voulait accomplir ce travail qu'entouré des conseils de ses frères.

Condren, en effet, était soucieux de maintenir dans l'Oratoire l'esprit qu'avait entendu lui donner Bérulle. Aussi entreprit-il de rédiger les règles de l’Oratoire, d’une part en s'inspirant des notes trouvées dans les papiers de son prédécesseur, et, d’autre part, en faisant appel aux souvenirs de ceux qui avaient vécu le plus près de lui. Il publia les Règlements de la Congrégation de l'Oratoire établis par Mgr le Cardinal de Bérulle, auxquels il donna pour préface un discours trouvé dans les papiers de l'auteur sur le but et l'esprit de la Congrégation.

Ces règlements furent officiellement promulgués à la seconde assemblée, qui se tint, en 1634, rue Saint-Honoré.

– Enfin, pour modeler les âmes de ses fils à l'image de Jésus, et pour les établir dans ses dispositions, pour former le Christ en eux, aussitôt après la première assemblée, le Père de Condren s'imposa l'obligation de visiter toutes les maisons. Ses conférences au cours de ces visites frappèrent tellement les Pères que partout on le voyait s'éloigner avec peine. Le supérieur de Notre-Dame des Ardilliers le pria même de prolonger son séjour pour y poursuivre ses entretiens. C’est à cette occasion que, commentant l'épître aux Hébreux, il parla d'une manière si sainte et si sublime du sacerdoce de Jésus-Christ, que le Père Bertad, l'un des meilleurs théologiens de son siècle, entreprit de copier tout ce qu'il lui avait ouï dire. Ce sont ces conférences qui ont été publiées soixante ans plus tard sous le titre: L'idée du sacerdoce et du sacrifice de Jésus-Christ.

Le Père de Condren gouvernait en suivant pas à pas l'esprit et les traces du fondateur, ”se faisant le serviteur de tous, ne violentant jamais les inclinations de personne, s'accommodant aux goûts et aux volontés d'un chacun autant qu'il pouvait. Convaincu que tout autre que lui était plus propre à nous conduire, il se déchargea le plus qu'il put des diverses fonctions de sa charge, non par amour du repos, mais par un sentiment d'humilité.[8]Ce qu’il souhaitait c’est que le bien fût accompli, que Jésus se trouvât connu et l’Église servie.

Vint le temps de la deuxième Assemblée Générale. À l'avant-dernière session, le secrétaire présenta une lettre cachetée que le Père général, absent depuis la veille au soir, adressait aux membres de l’assemblée. Dans cette lettre, le Père de Condren informait ses confrères qu'il leur envoyait sa démission... L’Assemblée refusa sa démission.

En 1635, il voulut de nouveau démissionner, mais “il se heurta à la résolution de son confesseur qui lui refusa l’absolution, à moins qu’il ne promît de ne point s’en aller.” Le Père de Condren dut garder sa charge... Il espérait qu’une occasion s'offrirait, lors de la troisième assemblée, qui s'ouvrit à Notre-Dame des Ardilliers, le 6 mai 1638. Mais il en fut empêché par Richelieu qui, instruit de son dessein, le menaça d'un archevêché en cas de démission, et par son confesseur, qui lui refusa l'absolution jusqu'à ce qu'il lui eût promis de renoncer pour toujours à cette pensée. Le Père de Condren s’inclina et ne parla plus de résilier sa charge.

2-2-Le sacerdoce du Père de Condren

Qui donc, en effet, eût présidé avec plus d'autorité aux destinées d'un Institut établi pour renouveler l'idéal sacerdotal, que ce prêtre si plein de l'esprit de Jésus-Christ et si soucieux de faire régner ce même esprit dans toutes les âmes soumises à sa conduite ? Il apportait en effet tant de soin à s'unir au sacrifice du Souverain Prêtre et à s'anéantir avec lui, il s'attachait tant à se renoncer lui-même pour vivre dans une perpétuelle communion aux dispositions, aux sentiments, aux volontés, aux états de Jésus, en un mot, “pour lui faire place en tout”, que, selon l'expression du P. Amelote, “la vie de Jésus-Christ ne lui était pas simplement une grâce, mais qu'elle lui était comme tournée en nature.”

Le plus cher disciple du Père de Condren, M. Olier, écrit dans ses Mémoires: “Il n'était qu'une apparence et écorce de ce qu'il paraissait être, étant vraiment l'intérieur de Jésus-Christ en sa vie cachée; en sorte que c'était plutôt Jésus-Christ vivant dans le Père de Condren que le Père de Condren vivant en lui même. Il était comme une hostie de nos autels: au dehors on voit les accidents et les apparences du pain, mais, au dedans, c'est Jésus-Christ: de même en était-il de ce grand serviteur de Notre-Seigneur, tant aimé de Dieu.”

3
La charité de Charles de Condren

Professeur de philosophie, Charles se rendit vite compte que “les écoles étaient pleines de disputes et que l’on ne traitait pas les matières avec onction.[9]Et il déclara, au sujet du collège de Troyes: “Je supplie le Seigneur Jésus-Christ de répandre sur cette maison ce même esprit de piété et de religion. Que le désir des choses saintes, que l’amour de la sapience de Dieu et de sa sainte parole y règnent principalement. Et combien qu’elle soit un collège où les lettres humaines et les auteurs profanes doivent être enseignés, que ce soit néanmoins dans la charité chrétiene.”

La charité consiste aussi, et surtout, à évangéliser le peuple de Dieu, et à lui faire connaître l’amour divin, surtout là où la vie chrétienne s’est affaiblie ou éteinte. Il écrit à un prêtre: “Le Fils de Dieu, fondement de la mission évangélique, a voulu faire voir ce que nous avions à faire; et comme il est à l’origine de la mission évangélique, il en a voulu aussi être la loi et la règle de perfection.” De plus, c’est Jésus qui doit parler lui-même, et pour cela: “demandez-lui sa parole et son esprit tout ensemble et essayez d’appliquer à votre âme les vérités que vous recevez de Dieu pour les appliquer aux autres.”

L’état sacerdotal, état de sacrifice qui relève de la nuptialité, oblige les prêtres “à l’oblation de leur corps, de leur esprit, de leur volonté et de leur cœur.” Les prêtres doivent être “des nourrices plutôt que des maîtres.” Faire monter les âmes vers Dieu était l’obsession de de Condren. Il fut le Directeur de grandes personnalités de son temps, y compris des saints comme Bérulle ou Jean-Jacques Olier, car Dieu l’avait fait pour les saints afin de les conduire à la plus haute sainteté.

Cependant sa direction reste toujours empreinte de la plus grande bonté et pleine de consolations. Il écrit à un prêtre malade: “Je vois bien que vos infirmités sont grandes... J’ai toujours estimé que ceux qui souffrent et qui édifient la Congrégation par leur vertu lui sont plus utiles que ceux qui prêchent ou enseignent.”

Il encourageait les chrétiens à la communion fréquente, faisant remarquer “que la dévotion envers le Saint Sacrement, l’hostie de notre autel, est la dévotion propre des prêtres et qu’ils devraient s’appliquer à la répandre partout.”

4
La mort du Père de Condren

Saisi par une fièvre continue et atteint d'une inflammation de poitrine, dans les derniers jours de 1640, le Père de Condren prit le lit pour ne plus le quitter. Pendant une semaine, il donna aux siens l'exemple de toutes les vertus, malgré les grandes angoisses qui achevèrent de le purifier. Comme on lui demandait de bénir sa famille religieuse, il le fit par une formule devenue depuis lors, avec les développements que lui donna M. Olier, la prière quotidienne du clergé français: ”Venez, Seigneur Jésus et vivez dans vos serviteurs, dans la plénitude de votre force, et dominez sur la puissance ennemie, vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.”

Sa dernière parole au prêtre qui l'exhortait à s'abandonner à Dieu, ne différa que dans les termes de celle de Jésus expirant: “Eh bien, dit-il, je m'y abandonne!” À l'instant, il rendit l'esprit. Ce 7 janvier 1641, après une courte maladie, la mort le faisait passer “à la gloire du nouveau sacrifice.”

Le Père de Condren s’était soigneusement préparé à cet “évènement le plus désirable et le plus consolant.” En pleine lucidité il avait demandé l’extrême-onction.

H. Brémond écrit : “Il se mit en trois dispositions:

– Le respect et l’adoration de la parfaite obéissance que Jésus-Christ avait rendue à son Père jusqu’à la mort.

– L’union à Jésus-Christ pour adorer avec lui la justice divine.

– L’offrande de lui-même à Jésus-Christ.

Le corps du Père de Condren fut inhumé, le 8 janvier 1641, en l'église Saint-Honoré dans la chapelle de la Sainte Vierge. Le Père Ingold eut la consolation de l'y découvrir, le 2 juillet 1884. Les restes mortels du second général de l'Oratoire reposent, depuis le 10 juillet 1884, dans la chapelle du collège de Juilly dans un caveau creusé devant le maître-autel.

Louis XIII, s’adressant aux Pères de l'Oratoire, peu après le décès de leur supérieur, leur parla de sa mort comme de celle “du saint homme de son royaume et du plus désintéressé.”

Charles de Condren avait souhaité être le plus oublié des hommes, mais il ne put empêcher que, dès sa disparition, il fût immédiatement l’objet d’une grande vénération, et l’archevêque de Saint-Brieuc, Mgr de Virazel, se plut à rappeler “sa pureté extraordinaire, son impuissance à s’amuser parmi les divertissements, sa mansuétude capable de charmer les esprits les plus farouches,... les rares vertus qu’il a fidèlement pratiquées, les grâces que Dieu lui a données, sa modestie animée de douceur, la merveilleuse humilité de ce grand serviteur de Jésus-Christ.” [10] 

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[1] Les citations qui seront rapportées ci-dessous, proviennent, soit de conférences, de prédications, ou de conseils divers, que ses disciples ont précieusement recueillis et conservés, et dont beaucoup ont été cités par Claude Pouillard, soit de documents divers éparpillés çà et là sur Internet.

[2] Lettres du Père de Condren

[3] En même temps que ses études littéraires, Charles avait commencé en secret à étudier la théologie. “Pour n’être pas surpris sur la Somme de saint Thomas et sur les livres de saint Augustin, il en cachait des volumes sous le même bras sous lequel il portait son arquebuse à la campagne, et comme son père ne voulait voir entre ses mains que des armes ou des instruments de mathématiques, il avait vidé à demi la paillasse de son lit, pour en faire sa bibliothèque, et il donnait ordre que personne ne fît sa chambre qu’un laquais allemand qui lui était fort fidèle.” (P. Amelote)

[4] qu’il avait déjà commencées en cachette. Les dons de l’intelligence lui avaient été départis avec libéralité. Une mémoire prodigieuse lui permettait, tout enfant encore, et avant d’avoir été appliqué à l’étude du grec, de réciter sans se tromper plus de cent vers d’Homère, pour les avoir lus une seule fois 

[5] Parmi les églises dans lesquelles le P. de Condren se fit entendre, le P. Amelote cite Saint-Nicolas du Chardonnet, Saint-Honoré, Saint-Médard.

[6] Le Père de Bérulle écrivit à un père de l’Oratoire: “Il a plu à Dieu de nous donner M. de Condren, qui est de très grande considération et un des rares esprits que j’aie connus. Il est doué de grande humilité, douceur et modestie. Je vous prie d’en louer Notre Seigneur Jésus-Christ et sa très sainte Mère.”

Le même Pierre de Bérulle dit à d’autres Pères de l’Oratoire “que Mr de Condren avait eu l’esprit de la Congrégation de l’Oratoire dès le berceau.” (P.Cloyseault)

[7] Qu'il suffise de citer les noms de M. Bernard, le “pauvre prêtre”, du saint évêque de Comminges, Barthélémy de Donadieu; du baron de Renty, le “mystique normand”, de Godeau, le futur évêque de Vence, de M. Olier, de Gaston d'Orléans enfin, que le cardinal de Bérulle, à la prière de la reine-mère, lui confia en 1627.

[8] D’après Batterel mémoires domestiques pour servir à l’histoire de l’Oratoire

[9] D’après Gaston de Renty

[10] Extrait de l’oraison funèbre

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